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mercredi 3 juin 2009

Le Feu de l'Esprit…


Le samedi 20 juin 2009 (après-midi et début de soirée), alors que s’approche la Saint Jean-Baptiste, figure traditionnellement associée au prophète Elie, et au Feu de l’Esprit Saint, dans le cadre des activités proposées par La Maison des Sources, j’ai animé une petite randonnée forestière, à la rencontre de Merlin l’Émerillon, d’Élie le Verdoyant, et au-delà d’Élie l’Attendu : à la rencontre d’Al Khidhr, l’Homme Vert, le Roi de l’Hyperborée, Khezr, l’Imâm caché de l’Islam.

Trois expressions de l’archétype de l’initiateur, transmettant non pas un savoir, mais encore plus qu’une connaissance : l’Esprit.

C’est d’ailleurs le sens profond du nom de Merlin : l’Émerillon, qui au moyen-âge par son vol stationnaire symbolisait l’Esprit-Saint.


Puis, après une petite pause, j'ai donné une causerie vespérale sur le Solstice d’été (Feu et Herbes de la St Jean…).







Faucon émerillon - Merlin - Falco columbarius
(1) (2) (3)

Cette figure de Merlin est donc celle d'un prophète de Dieu. À l'instar des prophètes bibliques, Merlin puise sa connaissance dans le divin. La forme légendaire de la vie du prophète Élie présente plusieurs points en commun avec celle de Merlin. Helen Adolf compare habilement les deux figures :

Parmi les Juifs, Élie était le « prophète » ; il prophétisa dans le Nid de l'Oiseau, où « sont tissés les effigies de toutes les nations qui se sont alliées contre Israël ». Merlin est lui aussi un devin et dans son discours d'adieu il annonce : « De l'esplumeor je profetiserai tou que nostre Sire commandera ».

Voir également : Les ermites et la forêt dans le roman arthurien

Élie ne connut pas la mort, mais fut transporté au ciel... Il en fut de même pour Merlin : « Lor dist que il ne poroit morir devant le finement del siecle ».

Élie consigna les faits des hommes et les chroniques du monde comme le firent Merlin et Blaise.

Élie est mis en étroite relation avec le Messie, fils de David... et avec le Messie, fils de Joseph (ou Éphraïm), qui sera tué par l'antichrist, et ressuscité par Élie. Ce fait évoque Merlin qui, après la bataille au cours de laquelle Arthur fut grièvement blessé, se retira dans son esplumeor pour attendre le temps où Arthur (qui représente a la fois le Messie fils de David et le Messie fils de Joseph) reviendra d'Avalon.

De nombreux indices confirment l'hypothèse d'une relation entre Élie et Merlin. Toujours dans la légende hébraïque d'Élie, le prophète a une personnalité trouble, il présente des traits espiègles, parfois démoniaques qui sont si caractéristiques de la personnalité de Merlin. Élie, lui aussi, s'isole du monde, vit dans la nature et se nourrit d'elle :

Il s'en alla habiter dans le ravin de Kerith qui est à l'est du Jourdain. Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, du pain et de la viande le soir ; et il buvait au torrent. (I Rois, 17, 56)

Il y a incontestablement une similitude entre Merlin et Élie. Cette ressemblance donne un sens profond à la figure du Merlin-prophète lorsque l'on cherche à caractériser le prophète Élie. « Selon la tradition juive, tout savoir, en particulier tout savoir secret, émane d'Élie. On prétend également qu'il a créé la Kabbale » (Emma Jung, p. 288). Lier Merlin à Élie revient à faire du prophète Merlin le possesseur d'un savoir secret. La figure du détenteur de la Connaissance se trouve confirmer par cette ressemblance à Élie. D'autre part, Jung croit qu'Élie est une image humaine de Yahvé, c'est-à-dire de Dieu (Cf. p. 288). Une fois encore la Sagesse de Merlin se trouve justifiée, car être l'image humaine de Dieu, c'est posséder la divine sagesse qui permet à l'homme d'atteindre le Soi.

Guy D'Amours

Au-delà d’Élie l’attendu se dessine la figure de d’Al Khidhr… l’Imâm caché de l’Islam !
Khezr aurait bu à la "Source de la vie", symbolisant les hautes connaissances spirituelles acquises non pas au travers du raisonnement, mais grâce à un lien direct avec Dieu. Il est à ce titre considéré comme le détenteur d’un savoir mystique situé au-delà de tous les cadres référentiels de l’intellect humain. Parfois surnommé le prophète caché, l’homme vert, le roi de l’Hyberborea, ou encore le serviteur de Moïse, il compte parmi les quelques 124 000 prophètes (anbiyâ) évoqués dans la tradition musulmane, et est également l’un des quatre prophètes "éternels" ou "vivants" reconnus par l’Islam.

Khezr : du prophète au guide personnel vers la "Source de la vie"


Jamais un étranger n’est chassé, ni écarté par un « passe ton chemin » car il peut être un messager de l’invisible. En Islam maghrébin, de nombreuses légendes édifiantes racontent qu’un homme qui vivait dans la prière et la solitude, reçut un mendiant, un Hôte de Dieu Dif Ennebi, qui lui demanda l’hospitalité. Le pauvre homme, outre quelques haillons, pour la nuit, partagea le peu de pain qui lui restait d’une aumône. A la fin de la nuit, après la prière du matin, l’Etranger se tenait debout dans la lumière d’un vert émeraude éclatant. L’homme reconnut alors Sidna-l-Khider : l’Initiateur Invisible, qui en souriant, lui tendait la Rose-l-ward symbole de toute connaissance. Toutes les confréries du Maghreb ont été ainsi fondées selon leurs traditions. La mention d’El-Khider est dans le Coran Souratou al Kâf : La Sourate de la caverne (Sourate 18). El-Khider est « Celui en perpétuelle errance », tawwaf , parvenu aux limites de l’Orient et de l’Occident : c’est-à-dire aux limites de la connaissance humaine. Il est arrivé dans ses pérégrinations à la limite de l’océan de la Terre : au fond des eaux plus basses que la terre, et aussi à la connaissance du ciel : la connaissance de Soi. Il a bu à la source de Vie, est devenu immortel et a reçu en partage la Sagesse suprême, au-delà des prophètes, plus que Moïse selon le Coran et en marge du Coran et nous le verrons dans la Bible et l’Evangile de Jean.

Donc en Islam maghrébin, au nom d’El-Khider, chaque étranger est un hôte de Dieu, peut-être porteur possible d’un message, ou d’un présage, signe d’un décret divin. Pour les musulmans El-Khider est le prophète Elie présent dans la pensée juive, dans bien des rites de passage, mais aussi dans le christianisme.

Source perdue !

I. et Khezr [1], le Prophète Occulte, l’Homme Vert, le Roi de l’Hyperborée, l’astucieux serviteur de Moïse, la maître-tricheur d’Alexandre, le Khezr qui but à la Fontaine de la Vie dans le Pays des Ténèbres. Les fleurs et les herbes poussent sous ses pas, et il marche sur les eaux, s’acheminant vers le vaisseau d’Ibn Arabî, se rapprochant ; sa robe verte traînant sur les ondes vertes. Ou bien Khezr apparaît dans le désert avec de l’eau et une initiation pour les immatériels, les fous et les maudits, les uniques… « Et trois choses de cette vie valent la peine d’être vues : l’eau, les choses vertes et un joli visage… » et l’Imam Caché qui disparut dans une grotte, peut-être à Samara, peut-être au Yémen, qui vit au-delà des Isthmes de la Similitude au milieu de la Mer des Images, sur une île d’émeraude, avec des arbres d’émeraude et des fleurs de béryl vert, des palais de jaspe ou de jade - le jeune homme vêtu en noir qui apparaît aux alchimistes dans leurs rêves, qui initie par les rêves…

[1] Ou encore Al-Khidr ( الخضر) ou « Homme Vert » (Khidr, Khezr, Khizr, Khadir, Al-Khadir, et El-Khidr). On suppose que l’on se réfère à lui dans le Sourate du Coran Al-Kahf (18:66), relatant sa rencontre avec Moïse.

Source perdue !


Un clin d'oeil à l'Orient Mystique (Soufisme)

Le drapeau de l'Îslam est vert; et cette couleur
constitue pour le musulman l'emblème du Salut, et
le symbole de toutes les plus hautes richesse,
matérielles et spirituelles, dont la première est
la famille.

Vert était, dit-on, le manteau de l'envoyé de Dieu,
sous lequel ses descendants directs - Fatma, sa fille,
Ali, son gendre, et leur deux enfants Hassan et Hussein,
venaient se réfugier à l'heure du danger, ce pour
quoi on les appelle Les quatre sous le manteau.
(aussi.. les 4 piliers de l'Islam)

Cette couleur évoque l'histoire de Khisr, l'Homme
Vert. Khisr est le patron des voyageurs (nomades).
Il incarne la providence divine, ainsi que la mesure
de l'ordre humain, équidistant du Haut et du Bas.

Celui qui rencontre Khisr ne doit pas lui poser de
questions, seulement écouter ses conseils. Khisr,
comme tout véritable initié, indique le chemin de la
Vérité sous des apparences parfois absurdes.
En Inde il porte le nom de Khawadja Khidr, et est
assimilé aux dieux des fleuves.

Certains chroniqueurs arabes disent qu'il s'assied
sur une fourrure blanche, et que celle-ci devient
verte. (cette fourrure serait la terre…)

Les Soufis disent que Khisr assiste l'homme contre
la noyade, l'incendie, les rois, les diables, les
serpents et les scorpions.

Le rôle de Khisr est de réconcilier les extrèmes,
et de résoudre les antagonismes fondamentaux,
pour assurer la marche de l'homme.

Dans son traité de l’homme parfait (Insam-ul-Kâmil)
Jili attribue la couleur de l’émeraude à la Terre des
dévotions, un des sept limbes de la terre, habité par
les Jins qui croient en Dieu.

Dans l'Islam, le vert est encore la couleur de la
connaissance, comme celle du prophète. Les saints,
dans leur séjour paradisiaques, sont vêtus de vert

Le vert s’identifie à la régénération de la nature
et aussi à la régénération spirituelle avec l’espérance
de l’immortalité…

L'Hidirellez, fête du printemps

Hidir (l'Homme Vert) et Ellez

Les Turcs ont une fête de printemps (Hidirellez), très joyeuse, qui se déroule le 6 mai. Ce jour-là, les femmes et les enfants vont dans les prés, tressent des couronnes de fleurs, se piquent des roses dans les cheveux et se roulent dans l'herbe... C'est la coutume aussi, surtout pour les jeunes filles, d'installer des balançoires et de se balancer, de monter le plus haut possible dans le ciel, jusqu'à en avoir le vertige. Celle fête s'appelle Hidirellez et tire son nom de deux personnages légendaires, Hidir et Ellez - d'autres disent Elias - qui étaient selon la tradition populaire, frère et sœur. D'après une autre version, EIlez était la fiancée de Hidir...

- Et que leur est-il arrivé?

- Oh! C'est une histoire très simple. Les deux jeunes gens s'aimaient tendrement, mais un esprit maléfique les avait séparés. Aussi, se cherchaient-ils l'un l'autre à travers le monde. Finalement, après mille aventures, ils se sont retrouvés. Cependant, dit une légende, le bonheur qu'ils éprouvèrent à être de nouveau ensemble fut si fort qu'ils moururent à l'instant même dans les bras l'un de l'autre... Mais de Hidir il est aussi question dans le Coran. Il y apparaît comme le guide de Moïse dans un voyage que celui-ci avait entrepris pour trouver la "confluence de deux mers", c'est-à-dire, probablement l'endroit où la Méditerranée était supposée rejoindre la mer Rouge. Au cours de ce périple, Hidir accomplit toute une série d'actions à première vue mauvaises. C'est ainsi, en particulier, qu'il brisa une barque appartenant à de pauvres mariniers. Au terme de son voyage, Moïse apprendra cependant que chacune des actions de son compagnon avait une signification cachée. "J'ai mis la barque en pièces, lui expliquera Hidir, parce qu'il y avait à sa poursuite un roi qui enlevait tous les bateaux de force et réduisait leurs occupants en esclavage". C'est un bien étrange personnage que ce Hidir. Il avait, dit-on, trouvé la source d'immortalité et y avait bu. Il paraît qu'il lui suffisait de toucher le bois mort pour le faire verdir et qu'il apportait la prospérité à tous les hommes auxquels il rendait visite. Certains disent qu'il vit encore, puisqu'il a goûté de l'eau d'immortalité, et espèrent de lui abondance et richesse.. C'est pour cela peut-être que la fête de Hidirellez est, aujourd'hui encore, si populaire !

Extrait de Les fêtes des grandes religions
Éditions Rouge et Or, Paris 1991

Khidr, ou Al Khadir, l’Homme Vert... C’est le patron des voyageurs, il incarne la providence divine...
Celui qui rencontre Khishr ne doit pas lui poser de questions, il doit se soumettre à ses conseils, quelques extravagants qu’ils puisent être.

Leïla Sebbar
Collectif Sous la direction de Michel Laronde
Editions L'Harmattan (1 novembre 2003)

« Il a été appelé Al-Khadir, parce qu'il s'assit sur une fourrure blanche qui remua derrière lui de verdure (Khadrâ). »
Hadith sur le Prophète Al Khadir

KHADIR ET L'INITIATION MYSTIQUE

Ce maître est le guide du pèlerin de l’Orient, maître visible ou invisible, vivant ou non, qui le conduira jusqu’au terme de sa première étape, à la Source de la Vie. C’est pourquoi ce maître peut être celui que les musulmans nomment al Khadir, le Verdoyant, et qui est Saint Élie pour les chrétiens.

Selon une tradition soufie provenant du Yémen, Khezr-Élie est l'initateur des owaysî, disciples qui reçoivent leur initiation par une expérience spirituelle, sans passer par un maître terrestre (ex. : Oways al-Qaranî, Ibn Arabi, Hallâj…). Il est utile de préciser que ce Khezr (ou Khird, ou al-Khadir, connu en Inde sous le nom de Khawadja Khidr) est souvent assimilé à Hermès Trismégiste ou à Seth. Selon la Tradition, il habite là où se touchent les océans céleste et terrestre. On dit que son manteau se colora en vert après qu'il se fut baigné dans la source de la vie. Ce Khezr n'est qu'une désignation de la Nature Parfaite, l'ange de la connaissance, c'est-à-dire la nature la plus lumineuse de l'homme, son maître intérieur.


À différentes reprises, dans son œuvre comme dans sa correspondance, René Guénon a fait allusion à un personnage mystérieux, celui que l'Islam nomme Al-Khadir le prophète – ou Khizr, selon la transposition persane de son nom.



Ganymède, le Verseur d'Eau, est animé par l'esprit qui animait Jean le Baptiste et selon le Coran guidait Moïse dans un voyage que celui-ci avait entrepris pour trouver "la confluence des deux mers" : Élie Artiste, le Lion Vert des alchimistes… le Génie recteur des Roses-Croix, l'ambassadeur du Saint-Esprit, dont la mission suivant Paracelse sera de faire planer, sur le monde, le souffle de la liberté, de la science et de l'amour…

Élias Artista, l'ange de la Rose-Croix est une force attractive, harmonisante qui tend à réunir les individus en un seul corps homogène. Il viendra "régénérer" la science, le pouvoir et la religion. Il poussera le monde à réadopter les valeurs essentielles.

Elie Artiste est parfois représenté sous les traits d'un vieillard à la peau VERTE... c'est encore :
Osiris, le verdoyant Merlin, Robin des Bois, l'Homme Vert, le Loup Vert, le juif errant "Chidher le vert", "le Visage Vert", "Al Khadir (Khisr) le Verdoyant", le Mahdî, l'Imâm caché de l'Islam… "Khawadja Khidr" de l'Inde, Vishnou représenté sous les traits d'une tortue au visage vert… dont le dernier Avatar est Kalki le destructeur du Kali-Yuga : Maitreya "le Bouddha souriant", "l'Ami Universel"...

Voir également :


vendredi 9 janvier 2009

Étrennes, Strenia, Verveine…


Étrennes

Le mot vient de strena, qui en latin signifie « présage ». En fait, l’origine vient de l’Antiquité romaine, on avait pour coutume d’aller dans la forêt dédiée à Strenia, la déesse de la bonne santé et d’y couper des rameaux de verveine qu’on offrait ensuite à l’Empereur. La coutume s’est étendue à toutes les personnalités de la ville. Offrez donc un bouquet de verveine à vos enfants pour qu’ils soient heureux l’année à venir et observez leur comportement ! Plus tard, la tradition des cadeaux plus conséquents s’est installée, offerts non en l’honneur de Strenia, mais à Janus, le Dieu aux 2 visages, qui a donné naissance au mois de janvier… D’où l’origine de cette tradition de remettre les étrennes le 1er janvier, un pas vers le passé, un pas vers l’avenir, pour affronter la nouvelle année !

Je tire ces jolies informations d’un excellent ouvrage paru récemment : Dico étymo : inventaire des étymologies surprenantes, de Jean Maillet (éd. Albin Michel)

La petite histoire des étrennes

Elle est très ancienne puisqu'elle date de la Rome antique (753 av. J.-C.), au temps des rois légendaires, donc bien avant les empereurs et la république romaine.

La, il est question d'un certain Tatius Sabinus, roi des Sabins (peuple d'Italie centrale qui a fondé la première population de Rome avec les Latins). Il se rendit célèbre en combattant Romulus qui avait été l'instigateur du fameux enlèvement des Sabines – ce qui ne l'empêcha d'ailleurs pas de régner ensuite avec lui sur Rome… Bref.

Ce roi-là aurait reçu en hommage, le premier jour de la nouvelle année, des branches de verveine coupées dans un bois sacré appartenant à la déesse Strenia (qui veillait sur la santé des gens). A-t-il pensé que ce geste était de bon augure ? Toujours est-il qu'il autorisa ses courtisans à élargir cet hommage aux magistrats et autres gens dits "de qualité", chaque premier jour de l'année.

Les premiers rites du Jour de l'An étaient nés !

… Et de fil en aiguille, la coutume se répandit et s'élargit à d'autres bénéficiaires. Les rameaux de verveine se virent complétés (voire remplacés) par des douceurs telles que des dattes, des figues ou du miel, quand ce n'était pas des petits objets taillés dans le bois sacré de Strenia.
Puis s'ajoutèrent au fil du temps d'autres petits présents comme des chandelles, des poupées, des rubans… Somme toute, à chacun selon son imagination. Mais l'Empire Romain devenant de plus en plus riche, la simplicité fut oubliée et les petits présents devinrent carrément de gros cadeaux – cadeaux parfois mirifiques. Il n'est qu'à citer un texte d'Ovide qui fait dire par la voix du dieu Janus, que les gens des siècles précédents avaient été bien simples de croire que le miel était plus doux que l'argent (monnaies et médailles) !

Voila pourquoi le mot "étrennes", du latin strenae serait issu du nom de la déesse Strenia.

Strenia, la déesse latine, est une déesse généreuse, elle veut la libéralité répandue sur tous les coeurs et dans toutes les maisons. Les étrennes gardent son nom et sa mémoire ; cependant les enfants ingrats ainsi que des hommes ne savent plus qu'ils lui doivent les joies et les surprises de l'armée commençante. Strenia a son sanctuaire au pied de l'Esquilin. Rien de plus modeste, et les ruines en seront bien vite effacées. Le plus souvent le sanctuaire est déserté, sans offrandes. Il n'est joyeux et assiégé de la foule que l'espace d'une aurore. Mais la déesse est bonne mère, indulgente, sans rancune. Une fois l'an, un cortège se forme chez elle ; il suit la voie Sacrée, il chemine à travers le Forum. Aux feuillages verts qu'il emporte et balance, on dirait le printemps qui marche et déjà promet, si lointain que soit encore son premier réveil, la joie des verdures renaissantes. Strenia envoie au Capitole une ambassade que les grands dieux de bataille, d'orgueil et de victoire, accueillent en toute complaisance.

De l’origine des étrennes

L’érudit voyageur lyonnais Jacob Spon le donna en 1674 comme étrennes à un conseiller du duc de Wurtemberg. C’est chez Symmachus, un des derniers défenseurs du polythéisme en Occident, qu’il a puisé ses informations. Vers la fin du IVe siècle, quand les nouveaux sectateurs christianisaient les vieux temples romains, le «paganisme» tenta un ultime combat. Avant d’agoniser, les anciennes divinités élevèrent une éloquente mais vaine protestation par la voix de Symmachus. De ce grand homme il ne reste que les Lettres, des épîtres dans le genre de celles de Pline le Jeune où les curieux peuvent butiner comme fit Monsieur Spon. D’après Symmachus, l’usage des étrennes fut introduit sous les premiers rois de Rome. Comme marque de déférence, on envoyait aux magistrats des rameaux de verveine cueillis dans le bois sacré de Strenia, la déesse de la bonne santé. De là le nom strena qui signifie «étrenne». A cette tisane on joignit ensuite des figues, des dattes et du miel, pour souhaiter aux amis une année douce et sucrée. Sous les Césars, les étrennes se firent mirifiques. Le grisbi remplaça le pot de miel, la nouvelle aristocratie chrysogène trouvant que leurs ancêtres furent bien naïfs de croire le miel plus délectable que l’or et l’argent.

Le mot "Etrennes" vient d'un bois consacré à la déesse Strenia ou Strena . Déjà à l'époque romaine des offrandes, des cadeaux, des bois précieux étaient offerts en début d'année aux personnes de mérite (cf. le texte ci-dessous pour plus d'histoire)…

ORIGINE ET HISTOIRE DES ÉTRENNES DU NOUVEL AN
(D'après « Lettre de Jacob Spon à Stoffel » paru en 1674
et « Le Mercure » de juillet et décembre 1735)

Tatius, roi des Sabins

En parlant des étrennes, on ne peut se dispenser de remonter, non pas aux Grecs, mais du moins aux Romains, inventeurs de cet usage. Le premier endroit de l'histoire romaine nous apprenant cette coutume est de Symmachus, auteur ancien, qui nous rapporte qu'elle fut introduite sous l'autorité du roi Tatius Sabinus, qui reçut le premier la verbène (verveine) du bois sacré de la déesse Strénia, pour le bon augure de la nouvelle année ; soit qu'ils s'imaginassent quelque chose de divin dans la verbène, soit qu'ils faisaient allusion au nom de cette déesse Strénia, dans le bois de laquelle ils prenaient la verbène, avec le mot de strenuus, qui signifie vaillant et généreux : aussi le mot strena, qui signifie étrenne, se trouve quelquefois écrit strenua chez les Anciens, pour témoigner que c'était proprement aux personnes de valeur et de mérite qu'était destiné ce présent, et à ceux dont l'esprit tout divin promettait plus par la vigilance que par l'instinct d'un heureux augure.

Après ce temps-là, l'on vint à faire des présents de figues, de dattes et de miel, comme pour souhaiter aux amis qu'il n'arrivât rien que d'agréable et de doux pendant le reste de l'année. Ensuite les Romains, quittant leur première simplicité, et changeant leurs dieux de bois en des dieux d'or et d'argent, commencèrent à être aussi plus magnifiques en leurs présents, et à s'en envoyer ce jour-là de différentes sortes, et plus considérables ; mais ils s'envoyaient particulièrement des monnaies et médailles d'argent, trouvant qu'ils avaient été bien simples, dans les siècles précédents, de croire que le miel fût plus doux que l'argent, comme Ovide le fait agréablement dire à Janus.

Avec les présents, ils se souhaitaient mutuellement toute sorte de bonheur et de prospérité pour le reste de l'année, et se donnaient des témoignages réciproques d'amitié : et comme ils prenaient autant d'empire dans la religion que dans l'État, ils ne manquèrent pas d'établir des lois qui la concernaient, et firent de ce jour-là un jour de fête, qu'ils dédièrent et consacrèrent particulièrement au dieu Janus, qu'on représentait à deux visages, l'un devant et l'autre derrière, comme regardant l'année passée et la prochaine. On lui faisait ce jour des sacrifices, et le peuple allait en foule au mont Tarpée, où Janus avait quelqu'autel, tous habillés de robes neuves.

Le dieu Janus

Néanmoins, quoique ce fût une fête, et même une fête solennelle, puisqu'elle était encore dédiée à Junon, qui avait tous les premiers jours de mois sous sa protection, le peuple ne demeurait pas sans rien faire ; chacun commençait à travailler à quelque chose de sa profession, afin de n'être pas paresseux le reste de l'année.

Enfin, l'usage des étrennes devint peu à peu si fréquent sous les empereurs, que tout le peuple allait souhaiter la bonne année à l'empereur, et chacun lui portait son présent d'argent, selon son pouvoir. Auguste en recevait en si grande quantité, qu'il avait accoutumé d'en acheter et dédier des idoles d'or et d'argent, comme étant généreux, et ne veillant pas appliquer à son profit particulier les libéralités de ses sujets.

Tibère, son successeur, qui était d'une humeur plus sombre et n'aimait pas les grandes compagnies, s'absentait exprès les premiers jours de l'année, pour éviter l'incommodité des visites du peuple, qui serait accouru en foule pour lui souhaiter la bonne année. Ces cérémonies occupaient même si fort le peuple, les six ou sept premiers jours de l'année, qu'il fut obligé de faire un édit par lequel il défendait les étrennes, passé le premier jour. Caligula, qui posséda l'empire immédiatement après Tibère, fit savoir au peuple, par un édit, qu'il recevrait les étrennes le jour des calendes de janvier, qui avaient été refusées par son prédécesseur ; et pour cet effet il se tint tout le jour dans le vestibule de son palais, où il recevait à pleines mains tout l'argent et les présents qui lui étaient offerts par le peuple.

Claude, qui lui succéda, abolit ce que son prédécesseur avait voulu rétablir, et défendit, par arrêt, qu'on n'eût point à lui venir présenter des étrennes, comme on avait fait sous Auguste et Caligula. Depuis ce temps, cette coutume demeura encore parmi le peuple. Les Romains pensaient qu'il y avait quelque chose de divin dans les commencements.

Plus tard, le concile d'Auxerre, tenu en 587, défendit de faire, le premier jour de l'an, des sacrifices de génisses ou de biches et d'aller faire des vœux devant les arbres consacrés aux faux dieux. Les étrennes, jointes à des sacrifices, étaient véritablement diaboliques.

Lorsqu'en France l'année débutait encore à Pâques, continuait-on de donner des étrennes le premier jour de janvier ? Il semble que oui. Dans les lettres du roi Jean, en date de juillet 1362 et contenant des statuts pour la confrérie des drapiers, il est dit « que ladite confrérie doit seoir le premier dimanche après les estraines, si celle de Notre-Dame n'y eschoit. » Le dimanche dont il est question ici est le premier dimanche de janvier, si l'on s'appuie sur le témoignage de Du Cange qui, dans son Glossaire, prouve, par différents passages, que lorsque l'année ne commençait qu'à Pâques, on ne laissait pas de regarder le premier jour de janvier comme le premier jour de l'année.

L'ancienne chronique de Louis, duc de Bourbon, comte de Clermont, grand-chambrier de France conforte ce témoignage. On y lit au chapitre second : « De Clermont partit ledit duc Loys, s'en vint à son duché de Bourbonnois à Souvigny, où il arriva deux jours avant Noël, l'an de grâce 1363 ; et là vindrent par devers luis ses chevaliers et écuyers, et le quart jour des fêtes, dit aux chevaliers, le duc en riant : Je ne vous veux point mercier des biens que vous m'avez faicts, car si maintenant je vous en merciois, vous vous en voudriez aller, et ce me seroit une des grandes déplaisances que je pusse avoir… ; et je vous prie à tous que vous veuillez estre en compagnie le jour de l'an en ma ville de Molins, et là je vous veux étrenner de mon cœur et de ma bonne volonté que je veux avoir avec vous. »

Et au troisième chapitre : « L'an qui courait 1363, comme dit est, advint que la veille du jour de l'an fut le duc Loys en sa ville de Molins, et sa chevalerie après lui... ; et le jour de l'an, bien matin, se leva le gentil duc pour recueillir ses chevaliers et nobles hommes pour aller à l'église de Notre-Dame de Molins ; et avant que le duc partist de sa chambre, les vint étrenner d'une belle ordre qu'il avait faicte, qui s'appeloit l'écu d'or. ». Au chapitre cinq on lit enfin : « Si les commanda le duc à Dieu, et eux pris congé de lui se partirent... Les gens partis de cour, vint le jour des Rois, où le duc de Bourbon fit grande feste et lye-chère. »

Rappelons que si sous les Mérovingiens, l'année commençait le 1er mars dans plusieurs de nos provinces, elle débuta à Noël sous Charlemagne, dans tous les territoires soumis à sa juridiction. Sous les Capétiens, le jour de l'an coïncidait avec la fête de Pâques, usage presque général au Moyen Age. En certains lieux, l'année changeait le 25 mars, fête de l'Annonciation. Le concile de Reims, tenu en 1235, mentionne cette date comme « l'usage de France ». C'est le roi Charles IX qui rendit obligatoire, en 1564, la date du 1er janvier comme origine de l'année.

A la fin du XIXe siècle, avec l'apparition du Père Noël dans la publicité des grands magasins, la coutume d'offrir des cadeaux le 1er janvier disparut, le jour des étrennes se confondant dès lors avec celui de Noël : on offrit les cadeaux le 25 décembre.

Les étrennes

En Occident, l'usage des étrennes remonte au moins à l'Antiquité classique. Le nom même vient, dit-on, d'un bois consacré à la déesse Strenia ou Strena (Religion romaine), dans lequel, sous les premiers rois de Rome, il était d'usage de couper des rameaux de verveine que l'on envoyait aux magistrats, comme marque de déférence, dans certaines circonstances particulières, et notamment en signe de bon augure (Divination), au commencement de chaque nouvelle année. Avec le temps, les présents perdirent cette première simplicité et on en vint à offrir des objets de plus ou moins de valeur, en les accompagnant de témoignages d'amitié et de voeux de bonheur et de prospérité.

Sous les empereurs, l'usage des étrennes était devenu si général que le peuple allait en masse leur souhaiter la bonne année et leur porter des cadeaux en argent monnayé. Auguste acceptait ces cadeaux et en achetait des idoles d'or et d'argent dont il ornait les temples; Tibère les refusa; mais son successeur Caligula les remit de nouveau en honneur et les appliqua à ses besoins particuliers. Les anciens Celtes connurent aussi très probablement l'usage des étrennes. Ils avaient, au renouvellement de l'année, la fête du gui où l'on se distribuait les fragments de la plante sacrée ; c'est ce qu'on appela plus tard, le « gui-l'an-neuf » (Aguilaneuf).

Le christianisme essaya de supprimer les étrennes, comme un reste de paganisme; mais il ne put y parvenir et se contenta de substituer des fêtes chrétiennes aux fêtes païennes. Mais l'usage des étrennes prit surtout une importance considérable quand le commencement de l'année qui, jusqu'alors, avait été à Pâques, fut, au XVIe siècle, définitivement fixé au 1er janvier. En France, sous Louis XIV, le luxe des étrennes devint très considérable. La Révolution eut la fantaisie de vouloir supprimer l'usage des étrennes comme entaché de réaction. On interdit les petites baraques des boulevards qui avaient commencé à s'y établir en 1789 et qui, avec quelques périodes d'interruptions, encombrèrent ensuite chaque année Paris du 15 décembre au 15 janvier. Cette tentative avorta, les moeurs furent plus fortes que les lois, et les étrennes continuèrent à tenir une grande place dans les préoccupations populaires.

L'usage des étrennes existe aussi en Chine, au Japon et dans d'autres pays; le jour de l'an y est fêté par des réjouissances et des échanges de cadeaux. (Caix de saint-Aymour).


Verveine

Dans le langage des fleurs, la verveine est symbole d'inspiration. Elle est considérée comme une fleur divine depuis toujours: les grecs et les romains l'utilisaient lors des cérémonies sacrées.

UN PEU D'HISTOIRE :

Elle a été, partout et longtemps, la plante magique par excellence. Si bien que Matthiole était encore en droit d'écrire à la fin du XVIè siècle: «Les magiciens perdent leur sens et entendement à l'endroit de cette herbe. Car ils disent que ceux qui s'en seraient frottés obtiendront tout ce qu'ils demanderont, ayant opinion que cette herbe guérit des fièvres et fait aimer la personne et, en somme, qu'elle guérit de toutes les maladies et de plusieurs autres.»
Les Romains l'avaient dédiée à Vénus (ils l'appelaient Veneris herba : herbe de Vénus ou Veneris vena : veine de Vénus) car ils la croyaient propre à rallumer les feux d'un amour près de s'éteindre; ils en offraient des bouquets porte-bonheur pour le nouvel an, la mettaient à tremper dans de l'eau dont ils arrosaient les salles de banquet afin de réjouir le cœur des convives. Les druides, avant le sacrifice, lavaient leurs autels avec de l'infusion de fleurs de verveine. Chez les Germains, les prêtresses s'en couronnaient.
Plus tard, elle entra dans la confection de la plupart des philtres (surtout ceux d'amour), servit à prédire l'avenir, à jeter des sorts ou à les lever (par exemple, le chasseur, qui pensait qu'il ratait son gibier parce qu'on avait ensorcellé son fusil, annulait le «mauvais œil» en frottant son arme avec de la verveine), à protéger les maisons contre les esprits malins (on en accrochait une branche à la porte) et aujourd'hui encore, dans différentes régions, on dit d'un enfant qui en portera sur lui qu'il «sera bien élevé, éveillé, de bonne humeur et aimera les sciences».

Noms locaux et variantes : Verveine officinale, verveine commune ou des champs, herbe aux sorciers, herbe aux enchantements, herbe sacrée, herbe à tous les maux, guérit-tout, herbe du foie, herbe du sang.

Les Druides lui accordaient la propriété de guérir toutes les maladies, de détruire les maléfices, d’inspirer la gaieté.


Signature


Nommée herbe de Vénus elle est considérée comme une des plantes magiques les plus puissantes. Les anciens la nommaient : hiérobotane (herbe sacrée), larmes d'Isis, larmes de Junon, Sang de Mercure, Persephonion, Demetria, Cerealis. Elle était aussi le symbole de la propriété agricole et de la paix. Les ambassadeurs de paix s'appelaient d'ailleurs verbénacée parce qu'ils se présentaient une branche de verveine á la main pour négocier. Curieusement, Piperno (de Magicis Affectibus 1635) en fait une herbe purificatrice qui exigeait la chasteté. On retrouve ici le double symbole, celui de la purification qui joue sur le niveau "vibratoire " de Vénus.

Les plantes comme la rose ou le basilic amplifient ses vertus

Usages traditionnels : Les guérisseurs et les sorciers la faisaient rentrer dans diverses compositions et dans les philtres d'amour. On lui reconnaissait d'innombrables vertus, guérir l'épilepsie, les fièvres et les angines, soigner les contusions, les maladies de peau. Albert le Grand prétend qu'il suffit de se frotter les mains de jus de verveine puis d'en toucher le bras de celui ou celle qu'on veut conquérir. On prononçait à cette occasion " tu es mien(ne) en vertu de SHEVA".

Les grecs et les latins tenaient cette verveine, consacrée à Vénus, en très haute estime pour son pouvoir bénéfique.

Au temps des Gaulois, les prêtres lavaient leurs autels avec l'infusion de verveine, qui entrait dans la composition de l'eau lustrale.

Les matrones prescrivaient la verveine pour faciliter l'accouchement et augmenter la sécrétion lactée. La découverte de la verbénine est venu confirmer le bien fondée de cette médecine empirique.

La verveine officinale est une plante médicinale utilisée pour de nombreux traitements. Son nom vient d'un vieux mot celte qui signifie pousser une pierre indiquant son efficacité dans le traitement des calculs rénaux.

Les prêtres Egyptiens l'utilisaient comme symbole de la déesse Isis.

Verveine officinale

  • Nom latin : Verbena officinalis
  • Famille : Verbénacées
  • Noms vernaculaires : Herbe sacrée - Herbe de sang - Herbe aux sorciers - Herbe à tous les maux.
La verveine est une plante herbacée vivace de 30 à 80 cm de haut, à mince tige quadrangulaire dressée et creusée d'un sillon longitudinal sur deux faces opposées, avec des rameaux grêles écartés de la tige. Les feuilles, inférieures et opposées deux par deux, sont pennatisséquées à lobes inégaux. Les fleurs, de couleur mauve pâle, sont toutes petites, en épi grêle allongé le long des rameaux, avec un calice pubescent à 5 dents, une corolle en tube à 5 lobes arrondis inégaux et 4 étamines incluses. Les fruits sont des capsules à quatre graines.

Elle pousse en Europe dans les lieux incultes et les prés sablonneux, en lisière des forêts, sur les talus, au bord des chemins et des fossés, jusqu'à 1.500 mètres d'altitude.


Propriétés Magiques :

A l'époque des Gaulois, les Druides lavaient leurs autels avec de l'infusion de Verveine, qui entrait d'ailleurs dans la composition de l'eau lustrale. Les Prêtres romains faisaient de même pour nettoyer les autels dédiés à Jupiter. Ils faisaient de petits paquets de Verveine avec lesquels ils frottaient les autels. D'après la tradition, les filles de Druides qui étaient initiées étaient couronnées avec de la Verveine, qui était un signe de rang élevé (à prendre avec des pincettes, car cela n'a pas été vérifié historiquement).

La Verveine est traditionnellement cueillie à Litha, ou au moment ou l'étoile du Chien monte, lorsque ni le Soleil ni la Lune n'apparaissent ; mais cela n'est pas nécessaire. La Verveine est un ingrédient courant des mélanges d'amour et des rituels de protection. Une couronne de Verveine sur la tête protège le magicien pendant qu'il invoque les esprits. N'importe quelle partie de la plante peut être portée sur soi comme une amulette. Placée dans la maison, la Verveine la protège de la foudre et des orages.

L'infusion de Verveine aspergée tout autour d'une habitation ou d'un lieu, en chasse les mauvais esprits et les forces maléfiques. La Verveine est aussi ajoutée aux encens d'exorcisme et aux mélanges qui doivent être éparpillés. C'est aussi un ingrédient commun des sachets pour bains de purification. La plante une fois séchée est éparpillée autour de la maison pour y maintenir la paix, et on la porte sur soi pour calmer les émotions.

La Verveine est utilisée dans les rituels d'argent et de prospérité. Si la plante est enterrée dans le jardin ou placée dans maison, le bonheur viendra et les plantes pousseront bien. Elle est aussi censée apporter la jeunesse éternelle lorsqu'on la porte sur soi. Boire son infusion avant de dormir, la placer dans le lit, ou en porter autour du cou vous empêchera de rêver.

Pour rester chaste durant de longues périodes, levez vous avant le Soleil le premier jour de la Nouvelle Lune, allez cueillir de la Verveine (toujours avant le lever de Soleil), pressez son jus et buvez le d'un trait. Cela est censé vous priver de tout désir sexuel pendant 7 ans.

La Verveine est aussi une importante herbe de guérison. Le jus pur de la Verveine appliqué sur le corps est censé guérir les maladies et prévenir d'autres futurs problèmes de santé. Pour aider à la récupération, la racine doit être accrochée avec 90 cm de fil blanc autour du cou du patient. Elle doit y rester jusqu'à recouvrement complet.

Pour savoir si quelqu'un de très malade va vivre ou mourir, placez de la Verveine dans votre main et pressez la sur le patient, de telle manière que l'herbe ne soit pas détectée. Demandez lui comment il se sent ; s'il se sent plein d'espoir alors il devrait vivre, si non alors il a de fortes chances de mourir.

Si quelqu'un de votre connaissance vous a pris quelque chose, portez de la Verveine sur vous et allez voir la personne. Vous devriez récupérer rapidement votre bien.

Si vous placez de la Verveine dans le berceau d'un bébé, l'enfant grandira avec de bonnes dispositions et un amour de la connaissance. Le jus de Verveine appliqué sur le corps permettra à la personne de voir le futur, de voir ses voeux se réaliser, de transformer ses ennemis en amis, et de se protéger contre les charmes. Enfin, brûlée elle chasse un amour qui n'est pas réciproque.


Autres sites :




Les traditions de la Saint-Jean

Les herbes : la nuit du 23 au 24 juin se cueillent les herbes destinées aux tisanes, potions, huiles et autres onguents. La cueillette doit être faite par les femmes âgées ou les jeunes filles, et les herbes doivent être imprégnées de rosée. Ces herbes sont la camomille, le chiendent, la sauge, la fougère mâle (racine de saint Jean), le millepertuis (sang de saint Jean), la verveine (tête de saint Jean), l'armoise (ceinture de saint Jean)…

Mirifiques secrets des herbes de la Saint-Jean

C’est dans la nuit du 23 au 24 juin que les sorciers cueillent les herbes de la saint Jean pour préparer leurs remèdes, philtres et maléfices. La cueillette doit se faire à jeun, en silence et à reculons.

Ces sept herbes magiques sont :

  • Le millepertuis, ou sang de saint Jean, protège du tonnerre, chasse le diable et améliore la vue.
  • L’épervière, plante du soleil, employée par les druides pour chasser les démons.
  • L’armoise, mère des herbes, surnommée la ceinture de saint Jean.
  • La sauge des prés.
  • La cuscute ou chandelle de saint Jean.
  • La verveine, la consacrée ou tête de saint Jean, éloigne les cauchemars.
  • La fougère, main de saint Jean. Elle fleurit à minuit sonnant, graine et se sème dans l’heure qui suit. Celui qui a recueilli sa semence avant qu’elle ait touché terre, peut se transporter d’un lieu à l’autre, aussi vite que le vent, se rendre invisible, connaître le présent et l’avenir.
(P. Dubois)

La verveine était chez les anciens une plante que les Grecs appelaient hierobotanon et les Latins verbenaca, columbina, verlipedium, betonica, etc.

Cette plante était fort en usage dans les cérémonies religieuses : c'est pour cela qu'on l'appelait herbe sacrée ; on en balayait les autels de Jupiter. Le peuple se présentait dans les temples, couronné de verveine, ou tenant à la main de ses feuilles, lorsqu'il s'agissait d'apaiser les dieux. Pour chasser des maisons les malins esprits, ou faisait des aspersions d'eau lustrale avec de la verveine.

Cette plante servait encore à couronner les féciales, les triomphateurs, et à orner les autels.

Les Druides attribuaient une vertu merveilleuse à la verveine; ils ne la cueillaient et ne l'employaient qu'en y mêlant beaucoup de superstitions. D'abord, suivant eux, il fallait la cueillir au moment où la Canicule se levait, et cela à la pointe du jour, après avoir offert à la Terre un sacrifice d'expiation où les fruits et le miel étaient employés. Mais aussi quelles vertus n'avait pas alors cette plante ! en s'en frottant, on obtenait tout ce qu'on voulait ; elle chassait les fièvres, guérissait toutes sortes de maladies, et, qui plus est, réconciliait les cœurs que l'inimitié avait aliénés ; enfin, répandue avec un rameau en forme d'aspersion sur des convives, ceux qu'elle touchait se sentaient et plus gais et plus contents que les autres.

Souvent aussi la verveine se prenait génériquement pour toutes sortes d'herbes ou de branches réputées sacrées.

Cette herbe jouait aussi un grand rôle dans les opérations magiques, dans la sorcellerie, le rêve le plus honteux et le plus extravagant qu’ait jamais enfanté l’imagination des hommes.

Œuvres complètes d'Ovide
Traduction nouvelle
Charles Louis Fleury Panckoucke