Affichage des articles dont le libellé est Irlande. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Irlande. Afficher tous les articles

jeudi 8 octobre 2009

Contes de Bretagne et d'Irlande…


Une veillée-spectacle :

le Vendredi 16 Octobre à 20h30
à La Fresnais (35111)
salle dite "Atelier du Marais", rue de la Masse

entrée gratuite

contes de Bretagne et d'Irlande vigoureusement ré-animés par le facétieux conteur Jean-Pierre MATHIAS,


… introduits, soutenus, et amplifiés par les magies de la harpe celtique, sous le doigté de Florence JAMAIN,



  • étranges brumes déroutantes,
  • périlleuses aventures nocturnes,
  • plongeons en eaux profondes, et autres "mondes d'en-dessous",
  • des portes de l'enfer à celles de "l'éternelle jeunesse",
… mine de rien, vous aussi vous serez transportés et, mine de rien, vous aussi vous en reviendrez !
Une belle veillée conviviale en perspective ! pour toutes les oreilles attentives !

Soirée co-organisée par la Municipalité et le G.I.T. - Groupement d’Intérêt Touristique du Pays de la Baie du Mont-Saint-Michel – Bretagne Romantique - 5 bis, Place de la Cathédrale - 35120 DOL DE BRETAGNE - Tél. 02.99.48.34.53

http://www.paysdelabaie-mtstmichel.com/fr/actualites/fiche.php?153
http://contes-et-merveilles.over-blog.com/article-28647299.html

vendredi 18 septembre 2009

Fancy Cornwell


Je suis heureux de vous présenter une artiste que j'apprécie tout particulièrement :


Albums

Sa spécialité : La musique celtique, les chants et contes irlandais.

Sa discographie :

  • Mag Mell, Le Roi des Fées (1992)


  • Ce CD n'est vendu que par la chapelle Saint They, Pointe du Van (circuit de la Pointe du Raz) où il tourne en boucle lorsque la chapelle est ouverte. Il a été créé pour aider cette chapelle (Il est dédicacé par Patrick Poivre d'Arvor).





Sa biographie :

Spécialiste du chant gaëlique et de la liturgie ancienne.
Elle fonde en 1991 le duo Mag Mell (CD “Le Roi des Fées”)
Elle participe à de nombreux festivals; dont le Festival Interceltique de Lorient.
Elle crée ensuite un spectacle et un disque sur l’imaginaire irlandais : “Le Peuple Magique”.
Puis elle travaille sur les chants liturgiques avec Marcel Pérès.
Les langues gaëliques, la mythologie irlandaise, la
harpe celtique et la poésie sont autant d’ingrédients subtilement réunis dans les interprétations et les créations de cette artiste, toujours plus soucieuse de lier culture irlandaise et française.
Elle a reçu l’appui du Bord na Gaeilge*, bureau gouvernemental pour la défense de la langue gaëlique et certaine de ses chansons ont été traduites en irlandais et en breton.
Il y a quelques années, invitée par le Tourisme Irlandais, elle a également représenté la France dans un festival du Donegald, où elle était la "French Mary from Dungloe” (2).
Depuis elle nourrit une passion pour l’Irlande, qui est un peu son pays d’adoption.

  • Bord na Gaeilge est un organisme de droit public créé en 1978 par une loi. Son but est de promouvoir la langue irlandaise. L’agence irlandaise a été remplacée en décembre 1999 par Foras na Gaeilge, un organisme similaire, mais dont le but est de promouvoir la langue irlandaise dans toute l’Irlande (cette évolution fait suite à l’Accord de Belfast d’avril 1998).


Son inspiration vient
du plus vieux poème irlandais connu à ce jour :

Les incantations d'Amhergin

Je suis le vent du large qui souffle sur la mer
Je suis la vague immense déferlant sur la terre
Je suis la douce voix montant du fond des mers...

Je suis le Minotaure des sept grandes batailles
Je suis l'aigle perché sur le haut des murailles
Je suis la plus infime des perles de rosée
Et je suis la plus belle des roses de l'été

Je suis le plus puissant de tous les sangliers
Je suis le plus habile des saumons argentés
Je suis le plus profond des lacs de ce pays
Je peux donner la Mort, je peux donner la Vie

Je suis la connaissance dans le Monde des sages
Je suis l'Esprit Sacré, semblable à votre image.


Son prochain spectacle :


Les enfants de Lir

Une invitation aux légendes d’Irlande avec chants accompagnés de harpe celtique ou guitare.
à 17h00 le dimanche 20 septembre 2009 à l'occasion des Journées du Patrimoine.
Ancienne abbaye de Saint-Maur-des-Fossés
4, rue de l'Abbaye
94100 Saint Maur des Fossés
Val de Marne.

L'abbaye fut construite par un disciple de Saint Colomban, moine irlandais (6ème siècle)…

Entrée gratuite.






dimanche 28 juin 2009

Les enfants du Roi Lir


Portés par des légendes,
Qu’on raconte en Irlande,
Et portés par des chants,
Au langueurs d’océan,

Nous avons pu leur dire,
Qui nous étions vraiment !
Pas besoin de l’écrire,
Nous traversons le temps,

Nous les enfants du Roi Lir.

Nous étions quatre enfants,
Quatre pauvres innocents,
Changés en cygne blancs,
Et pour près de mille ans…

Une sorcière immonde,
Qui nous a pris la main,
A brisé notre monde,
Changé notre destin.

Nous les enfants du Roi Lir,

Les enfants du Roi Lir…
Les enfants du Roi Lir…

On nous avait laissé
La parole et le chant.
Et nous avons erré,
Racontant nos tourments.

Sur des stèles de pierre,
Nos noms sont effacés,
Mais il reste la terre,
Au goût d’éternité !

Pour nous les enfants du Roi Lir,
Les enfants du Roi Lir…
Les enfants du Roi Lir…

Sur des stèles de pierre,
Nos noms sont effacés,

Mais il reste la terre,
Au goût d’éternité !

Nous sommes les enfants du Roi Lir…

Françoise Cornwell - Le Peuple Magique - CD 860



Les enfants du Roi Lir

Le Thème : Les quatre beaux enfants du Roi Lir furent changés en cygne blancs par leur belle-mère jalouse. Pendant 900 ans, ils supportèrent le froid et la faim dans des eaux glaciales. Quand ils retrouvèrent enfin leur forme humaine, ils étaient maigres et voûtés.

L’Histoire : Après la mort de la femme de Lir, le Roi de toute l'Irlande, Bove Derg, lui proposa de prendre pour femme l'une de ses filles. Lir choisit l'aînée qui donna par deux fois naissance à des jumeaux. Elle mourut au cours du dernier accouchement. Lir s'adressa de nouveau à Bove Derg qui lui donna pour femme sa seconde fille, Eva, qui, dans un premier temps, s'occupa avec amour de leurs trois fils et de leur fille. Mais elle devint de plus en plus jalouse d'eux et décida de les tuer. Sur le chemin qui les conduisait dans la demeure de son père, qui aimait s'occuper des enfants de Lir, elle ordonna à ses gens de tuer les enfants. Ils refusèrent, indignés. Elle tenta donc elle-même de les tuer, mais n'y parvint pas. Elle transforma alors les enfants en cygnes et arriva seule chez son père. Ce dernier, étonné que ses petits-enfants ne soient pas venus, s'enquit auprès de Lir de leur santé. Lir fut à son tour surpris que les enfants ne soient pas arrivés chez Bove Derg et, inquiet, il partit à leur recherche, se doutant qu'Eva était à l'origine de cette disparition.

Au bord du lac Davra, Lir rencontra quatre magnifiques cygnes blancs. Finola, sa fille, lui expliqua son infortune. Il leur faudrait passer trois fois trois cents ans sur différentes eaux : le lac Davra, le courant marin Moyie et la mer de Glora ; avant qu'ils puissent reprendre forme humaine, il faudrait que le Nord et le Sud soient réunis, que saint Patrick vienne en Irlande et que les cloches chrétiennes annonçant sa venue retentissent. Ils avaient cependant le droit de garder leur réflexion et leur voix humaines ainsi que leur langue (irlandaise) -galloise. De plus, ils savaient chanter d'une voix suave et faire glisser quiconque entendait leur musique de fée dans un doux sommeil dont il se réveillait reposé et débarrassé de ses soucis. Le lendemain, Lir quitta ses enfants après que leur chant l'eût soulagé. A la cour de Bove Derg, Eva fut punie et métamorphosée en oiseau, l'une des créatures qu'elle détestait le plus. Les quatre cygnes passèrent les trois cents ans qui suivirent auprès de Bove Derg et de Lir, conversant agréablement et chantant de leur belle voix. A partir de là, il fut interdit en Irlande de chasser les cygnes. Ils durent ensuite partir sur le courant marin Moyle où ils furent contraints d'endurer les terribles tortures du vent et des intempéries. La tempête hivernale faisait coller la peau de leurs nageoires à la glace et les plumes de leur poitrine et de leurs ailes au rocher ; les plaies brûlaient alors dans l'eau salée. Chaque fois qu'un danger les menaçait, Finola prenait ses frères sous son aile et sous son poitrail, de sorte qu'ils arrivèrent à survivre malgré la faim, la peur et la torture. L'escorte de Bove Derg ne les y trouva qu'une seule fois. Au bout de trois cents ans, ils durent poursuivre leur chemin jusqu'à la mer de Glora où ils subirent les mêmes tortures. Quand ces trois cents ans furent révolus, ils voulurent aller rejoindre leur père. Mais sa demeure avait été abandonnée et détruite. Profondément attristés, ils retournèrent à l'ouest, sur l'île de Glora, et se posèrent sur un lac. Ils y chantèrent si merveilleusement que tous les oiseaux, le soir, après avoir trouvé leur nourriture, se rassemblèrent sur le lac. Les cygnes entendirent enfin les cloches sonner et rencontrèrent Kernoc qui les accueillit, les nourrit et les instruisit. La nouvelle des cygnes merveilleux parvint aux oreilles du roi du Connaught qui les voulut absolument pour sa femme. Kemoc n'accepta pas de les lui donner ; le roi les prit par la force et les emmena. Peu après être partis, les cygnes perdirent leurs plumes et reprirent forme humaine. Ils étaient tous les quatre âgés, ridés, noueux et leurs cheveux étaient blancs. Une fois de plus, Finola intervint et demanda qu'on les baptise. Elle voulait être enterrée avec ses frères dans la position qu'ils avaient toujours prise ensemble : l'un sous son poitrail, les deux autres chacun sous une aile. Et Kernoc exauça son souhait et leur érigea une pierre d'Ogham.

Celtic Symbols
Par Sabine Heinz

Voir également :


Spectacle : Les enfants de Lir par Fancy Cornwell.

Une invitation aux légendes d’Irlande avec chants accompagnés de harpe celtique ou guitare.
à 17h00 le dimanche 20 septembre 2009 à l'occasion des Journées du Patrimoine.
Ancienne abbaye de Saint-Maur-des-Fossés
4, rue de l'Abbaye
94100 Saint Maur des Fossés
Val de Marne.

L'abbaye fut construite par un disciple de Saint Colomban, moine irlandais (6ème siècle)…

Entrée gratuite.


mercredi 14 janvier 2009

Deirdre


Deirdre

Deirdre ou Derdriu, dont le nom signifie « Douleur », est une jeune fille à la beauté tragique de la mythologie celtique irlandaise.
Sa légende appartient au Cycle d'Ulster.

Le mythe



Les pleurs de Deirdre, gravure de J.H.F. Bacon (1905).

Deirdre est l'enfant du barde Fedelmid, qui vit à la cour du roi Conchobar Mac Nessa. Des faits étranges entourent sa naissance. Lors d'un festin, tous les guerriers entendent un cri déchirant qui les fait se précipiter en armes : c'est le bébé encore dans le ventre de sa mère qui l'a poussé. Le druide Cathbad prophétise l'arrivée d'une adorable fillette, si belle que beaucoup de sang sera versé à cause d'elle. À sa naissance, il réitère ses prédictions.

Tous veulent tuer l'enfant, mais Conchobar s'y oppose car il compte l'épouser quand elle aura grandi.

Effectivement, elle devient aussi belle que le druide l'avait annoncé, mais elle a fort peu d'attirance pour le vieux roi. Elle lui préfère sans doute Noise, un jeune gardien de vaches. Aidé de ses deux frères, Noise s'enfuit avec sa belle au royaume d'Alba. Ils vivent de la chasse, à l'écart dans une forêt puis se placent sous la protection du roi du pays. L'intendant remarque Deirdre et son roi le charge de lui faire la cour en secret, en son nom. Et la coquette se plaît au jeu jusqu'à ce qu'elle découvre que le roi va faire assassiner son époux.

Nouvelle fuite, nouvelle errance. Conchobar envoie Fergus chercher Deirdre, Noise et ses frères, mais leur roman d'amour a ému le cœur de beaucoup d'Irlandais. Seuls la ruse et le pouvoir magique de Cathbad vont triompher. Tous les partisans de Deirdre sont exterminés, son époux a la tête tranchée, la guerre civile déchire l'Irlande, mais Conchobar peut enfin jouir de sa promise, pendant un an.

Au bout de cette année, il la donne au bourreau de Noise, Eogan Duntracht. C'en est trop pour Deirdre, et elle se jette dans le vide alors que le char l'emmène auprès de son nouveau mari.

Un pin poussa sur chacune des tombes de Noise et de Deirdre et les deux arbres finirent par s'entremêler pour n'en former qu'un.

Deirdre dans la littérature

Trois pièces sont basées sur l'histoire de Deirdre :

  • Deirdre (1907), par William Butler Yeats
  • Deirdre of the Sorrows (1910), par John Millington Synge
  • A Cry from Heaven (2005), par Vincent Woods
Deirdre et la Renaissance celtique, par William Butler Yeats

Un roman de James Stephens, intitulé Deirdre
(1923 - Terre de Brume 2001) raconte lui aussi ce mythe.

Deirdre Variations Sur Un Mythe Celtique
Synge John Millington / Stephens James / Macdonagh Donagh
Editeur : Artus - Date : 1992

ISEULT ET SES SŒURS CELTIQUES
Essai sur la liberté du choix amoureux
Bernard FÉLIX
COOP BREIZH



DEIDRE
Traduction de L. Ponsinet
Avant-propos d’Hubert d'Arbois de Jubainville
COLLECTION POÉSIE – Classiques irlandais

Texte intégral imprimable
C’est une histoire bien ancienne que celle de Deidre : « presque aussi ancienne, et non moins belle, disait naguère A. Rivoallan, que l’histoire d’Hélène de Sparte ». « Tandis que la femme de Fedlimid traversait la maison, l’enfant qu’elle portait dans son sein jeta un cri si fort qu’on l’entendit dans le château tout entier… ». Deidre annonce sa naissance. Elle naît. Le druide annonce que l’enfant qui vient de naître fera couler des flots de sang. Aussi l’appelle-t-on Deidre, ce qui signifie, à peu près « Danger ». Le plus ancien manuscrit du Longes mac nUislenn (L’exil des fils d’Usnech) qui raconte l’histoire de Deidre, figure dans le Livre de Leinster (XIIe siècle). La traduction de L. Ponsinet, faite sur l’édition Windisch, a paru la première fois dans la Revue des traditions populaires en 1888. On y a ajouté une version française du Tochmarc Luaine, qui constitue l’une des suites de l’Exil des fils d’Usnech.

Le présent document comprend :

L’EXIL DES FILS D’USNECH
Version française du LONGES MAC NUISLENN
par L. Ponsine

LA COURTISE DE LUAINE
ET LA MORT D’ATHIRNE
Version française de Florence Thiébaut du

TOCHMARC LUAINE 7 AIDEDH AITHIRNE ANDSO
THE WOOING OF LUAIN AND DEATH OF ATHIRNE
English version by Withley Stoke

LA LEGENDE DE DEIRDRE ET DES FILS D'USNA

La légende de Deirdre et des fils d'Usna (parfois appelée La légende de Deirdre des douleurs) est une des plus populaires de la tradition orale irlandaise, et plusieurs versions en ont été écrites entre le IXe et le XIXe siècles. Dans les versions les plus anciennes, Conchobar était le père de Deirdre. On suppose que ce lien de parenté fut considéré comme trop incestueux et donc modifié dans les versions ultérieures. Cette histoire témoigne des premiers liens culturels entre l'Ecosse (encore appelée Calédonie) et l'Irlande. Les noms sont ici présentés dans leur version irlandaise. Fergus, par exemple, de son nom complet Fergus mac Roigh deviendrait Ferchar mac Ro dans une version écossaise. Parmi les premiers recueils de littérature celte, c'est un des trois contes les plus tristes d'Erinn, avec Les enfants de Lir et Les enfants de Turineann. La force du caractère de l'héroïne, Deirdre, est également un élément typiquement celtique. On observera ainsi que c'est elle qui fait des avances au héros, Naisi, et non l'inverse. Dans certaines versions, après la mort tragique de Deirdre et de Naisi, le roi Conchobar les fait ensevelir dans deux endroits distincts, par jalousie. Deux arbres poussent alors sur les tombes des amants, et se rejoignent pour s'enlacer. On retrouve la description des arbres qui s'entrelacent ainsi dans d'autres histoires d'amour, notamment dans une version de Tristan et Yseult. La version ici présentée est issue d'une traduction de Charles-Marie Garnier parue en 1969, dans un recueil intitulé Contes et légendes du pays d'Irlande (Nathan).

« Conchobar, roi d'Ulster festoyait un soir avec les chevaliers de la Branche Rouge chez son conteur favori, quand on vint leur annoncer que la femme de leur hôte venait de donner naissance à une fille d'une étonnante beauté. Le roi envoya aussitôt son meilleur druide astrologue tirer l'horoscope du petit être. Le druide alla consulter les astres, revint, se recueillit un moment et se levant, dit aux commensaux :

- Cette nouvelle-née aura nom Deirdre ou la larme. Elle méritera ce nom. Elle attirera malheurs sans nombre sur l'Ulster et l'Irlande et, pour elle, beaucoup de héros connaîtront l'exil et beaucoup la mort.

Les chevaliers furent d'avis qu'il fallait sur l'heure tuer l'enfant. Mais le roi, levant sa dextre, dit :

- Non pas. Il serait indigne de la Branche Rouge de commettre une vilenie pour esquiver des maux qui ne sont que possibles. Je ferai élever l'enfant de telle manière qu’elle sera à l'abri de tout mal. Ensuite, je ferai d'elle ma femme, prenant ainsi sur moi tout le risque.
Dans un vieux fort entouré de jardins et de hauts remparts, Conchobar fit placer l'enfant, qui n'eut auprès d'elle qu'un tuteur et la druidesse de confiance du roi, Lavarcame. Grandissant ainsi dans la solitude, elle parvint à l'âge du mariage, et elle l'emportait sur toutes les vierges de son temps par l'air réfléchi, la passion de ses yeux et la grâce de toute sa personne.

Un jour qu'il neigeait, elle aperçut du sang frais, que son tuteur venait de renverser dans la cour. Un corbeau vint le boire. Rêveuse, l'adolescente dit à Lavarcame, sa poétesse:

- J'aime ces trois couleurs et je voudrais que mon fiancé pût avoir les cheveux aussi noirs, les lèvres aussi rouges et la peau aussi blanche. Cette nuit, j'ai vu en rêve ce jouvenceau et je me demande s'il existe au monde.

- Il existe, répondit Lavarcame. Un des jeunes chevaliers du roi lui ressemble comme un frère. Il s'appelle Naisi.

Naisi et ses deux frères Aïnli et Ardann étaient les fils d'Usna, les chevaliers favoris de la Branche Rouge, courtois, accomplis dans la paix, adroits et avisés à la chasse braves et triomphants à la guerre :

- S'il en est ainsi, répondit Deirdre, je n’aurai de contentement que tu ne me l'aies amené.

- Ignores-tu le danger que tu nous fais courir ? Si le tuteur apprenait pareille chose, il la dirait au roi et le courroux royal brise tout devant lui.

Deirdre ne dit mot. Des jours et des jours, elle resta triste et taciturne, et le souvenir de son rêve remplissait ses beaux yeux de larmes. Lavarcame, qui l'aimait tendrement, prit pitié d'elle. A l'insu du tuteur, elle s'arrangea pour réunir les jeunes gens. Ils s'éprirent l'un de l'autre et Deirdre se promit de n'épouser jamais homme ou roi que Naisi.

Sans attendre que Conchobar eût vent du mariage, Naisi et ses frères, réunissant trois fois cinquante guerriers, trois fois cinquante serviteurs, trois fois cinquante femmes et trois fois cinquante limiers, s'embarquèrent secrètement pour la Calédonie. Ils furent bien accueillis par le roi du pays et enrôlés dans ses troupes. Ils gagnèrent sa confiance par leur courage et leur mérite. Par prudence, ils tenaient Deirdre à part, préférant que le roi d'ici ne la vît point.

Tout alla bien jusqu'au jour où passant devant la demeure de Naisi, l'intendant royal aperçut le chevalier et sa femme sur leur lit de repos. Il courut chez son maître.

- Sur ton ordre, ô roi, je cherche depuis longtemps une compagne digne de toi. Je viens enfin de la trouver. Deirdre, compagne de Naisi, et qui plus qu'aucune autre mérite d’être la reine du monde occidental. Débarrassons-nous de Naisi et prends Deirdre pour épouse.

Le roi eut la bassesse d'accepter et d'ourdir un complot pour égorger les fils d’Usna. Les trois frères, qui s'étaient fait aimer, furent avisés à temps. Mobilisant tous leurs gens, ils s'enfuirent une nuit sans lune et, à sauve distance, installèrent leur camp dans un district écarté, rude et sauvage.

Ils avaient grand peine à trouver dans la chasse et la pêche de quoi se nourrir. D'instinct, ils s'étaient rapprochés du rivage, qui, au loin, regardait Erinn.

Vers ce temps, le roi Conchobar donna un festin dans sa demeure d'Emain. A la fin du repas, il dit aux chevaliers de la Branche Rouge:

- Je suis heureux de vous recevoir dans ma demeure. Soyez francs et dites-moi si, à vos yeux, il n'y manque rien.

Tous furent d'avis qu'il n'y manquait rien.

- Si, reprit le roi, il nous manque les fils d'Usna. - oui, firent tous les nobles. - C'est grand' pitié de les savoir en exil et en détresse. Ils étaient le bouclier d'Ulster et c'étaient de bons camarades.

- Qu'ils rentrent donc, reprit le roi. Ils feront leur soumission et je leur rendrai leurs demeures et leurs terres.

Alors même qu'il prononçait ces paroles amies, la traîtrise était dans son cœur, car il ne pardonnait pas à Naisi de lui avoir ravi Deirdre la Passionnée.

Le festin terminé, il appela Fergus et lui dit :

- C'est toi que je charge de ramener les fils d'Usna et leur clan. Porte-leur mon message de paix et de bonne volonté. En gage de sécurité, tu te remettras toi-même entre leurs mains. Or retiens bien deux choses. Dès que tu auras remis le pied sur le sol d'Ulster, va droit au château de Barach, debout sur la falaise. Et veille à ce que les fils d'Usna ne s'arrêtent nulle part et ne prennent en Erinn aucun repas avant celui que je leur offrirai.

Ami de Naisi et de ses frères, Fergus accepte la mission avec joie, sans aucun soupçon, et part avec ses deux fils, Illann et Buinn, et son porte-bouclier.

De son côté, le roi Conchobar fait venir Barach et lui dit :

- Prépare un festin pour Fergus, à son retour de Calédonie, et invite-le avec les fils d'Usna.

Barach dit qu'il accomplirait le désir du roi.

Il faut se souvenir qu'en ces temps lointains, au moment où ils entraient dans la Branche Rouge, les chevaliers prenaient tels ou tels engagements, qui les liaient pour la vie. Ils ne pouvaient violer ces vœux sans être déshonorés et mis au ban de la chevalerie.

Or, parmis les obligations jurées de Fergus, était celle de ne jamais refuser l'invitation à un festin. Le roi et Barach ne l'avaient pas oublié.

En abordant en Calédonie auprès du campement des fils d'Usna, Fergus, en bon chasseur, poussa son appel familier. Les fils d'Usna étaient dans leurs abris. Un échiquier de bois poli gisait sur les genoux de Naisi et de Deirdre, qui faisaient une partie.

Au premier appel, Naisi tendit l'oreille et dit

- Celui qui hèle est un homme d'Erinn.

- Non point, répliqua Deirdre, c'est un Calédonien.

Quelques instants après retentit un second appel.

- C'est là certainement, dit Naisi, un homme d'Erinn !

- Non vraiment ! répéta Dëirdrée. Et qu'importe ? Continuons notre partie.

Au troisième appel, plus long et plus vibrant, Naisi se dressa et dit :

- Je reconnais la voix : c'est l'appel de Fergus! Et il envoya aussitôt son frère Ardann à sa rencontre.

Déïirdrée avait dès l'abord reconnu la voix de Fergus. Elle gardait pour elle ses pensées. Cette visite ne présageait rien de bon. Quand elle s'en ouvrit à Naisi, il lui dit :

- Pourquoi, ma reine, me le cacher ?

- Cette nuit, répondit-elle, une vision s'est glissée en mon sommeil. Du château royal d'Emain trois corbeaux vinrent nous apporter trois gouttes de miel et, en échange, fls emportèrent trois gouttes de notre sang.

- Et qu'augures-tu de cette vision ?

- Le message de Conchobar est de miel, mais son intention est de sang.

Cependant Ardann, ému de revoir ses anciens camarades, leur avait donné chaude accolade. Il les amena à Naisi et Deirdrée, qui leur offrirent aimable accueil.

- Je vous apporte les salutations du roi, dit Fergus. Si vous rentrez, il est prêt à vous rendre vos biens et vos prérogatives de la Branche Rouge.

- Il ne convient pas que le clan d’Usna rentre en Erinn, dit Deirdre. Ici il est son maître.

- La terre maternelle vaut mieux encore que l'indépendance, répliqua Fergus.

- Je suis plus libre ici, ajouta Naisi, mais Erinn est plus chère à mon cœur.

Il avait parlé sans l'assentiment de Deirdre, qui continua de combattre l'idée du retour.

- Vos amis en Ulster sont légions, dit Fergus. Même si vous n'aviez qu'ennemis, ne suis-je pas votre otage et votre garantie ?

- En toi, Fergus, conclut Naisi, nous avons pleine confiance et nous partons !

Le lendemain, un vent favorable porta leurs galères au pied de la falaise où se dressait le château de Barach. Pendant qu'on débarquait chevaux et bagages, Deirdre s'assit sur un rocher élevé, d'où elle pouvait apercevoir les bleus promontoires de Calédonie, et, dolente, elle chanta cet adieu :

Chère me restera l'âpre Calédonie,
Notre asile, et le vert penchant de ses coteaux,
Et ses glens étroits et ses tonnantes eaux
Tombant de roc en roc en blanchissante pluie !

J'aimais à sillonner ses rivières marines
En mon canot léger qui berçait mon sommeil.
Sur notre cher manoir souriait le soleil
De l'amour de Naisi, niché sur ma poitrine.

La terre où l'on aima, c'est la terre vitale
Qui vaut pour nous le sol où nous vîmes le jour,
Pour nous qui prisons rien au-dessus de l'amour,
Rien au prix de l'appel de la voix maritale !

Adieu, Calédonie, où j'ai connu la joie
D'être toute à Naisi ! cruels déchirements !
C'est lui-même qui veut, aveugle à mes tourments,
M'arracher à tes monts où la brume s'éploie !

En accueillant les exilés, Barach dit à Fergus :

- Je t'ai préparé un festin de trois jours et je t'invite à en prendre ta part.

Fergus sentit son cœur se serrer et son front devenir cramoisi. D'une voix violente, il répondit :

- C'est un plan de traîtrise. Tu sais que, d'après mon vœu, je ne puis te refuser, et tu sais aussi que je suis engagé d'honneur à conduire sur l'heure au roi les fils d'Usna, dont je réponds sur ma vie.

- Je sais, répondit Barach; mais mon festin est fumant et je maintiens mon invitation.

- Que dois-je faire... s'écria Fergus en se tournant vers Naisi.

Ce fut Deirdre qui répondit

- C'est à toi de choisir, Fergus. Plus juste est de laisser ton festin que d'abandonner les fils d'Usna dont tu es le sauf-conduit.

Fergus pausa un instant pour réfléchir et ajouta :

- Point n'abandonnerai les fils d'Usna. Je leur donnerai pour sauvegarde, sur l'honneur, mes deux fils Illann et Buinn.

- Grand merci, gronda Naisi courroucé, de leur sauvegarde ! Nous avons l'habitude de nous défendre nous-mêmes !

Deirdre, ses frères, les fils de Fergus et le reste du clan se mirent en route avec lui, tandis que Fergus restait, consterné et plein de mauvais présages.

Deirdre essaya de les faire camper en attendant la fin du festin de Barach ; mais le roi avait dit qu'ils vinssent « sans le délai d'un repas », et ils ne voulaient ni l'irriter ni, surtout, paraître lâches.

L'heure d'après, Deirdre ralentit le pas, se coucha sur un monticule et s'endormit. Quand Naisi s'aperçut qu’elle lui manquait, il revint vers elle.

- Pourquoi t'attarder, ma princesse ? demanda-t-il.

- Je suis tombée de sommeil et j'ai rêvé une vision. De nos deux compagnons, Illann prenait notre parti, mais Buinn se tournait contre nous. Et je revis Illann sans tête ; et je revis Buinn indemne et sain et sauf.

- Pourquoi toujours ces vilains présages ? fit Naisî. Le roi est franc et tiendra sa parole.

Arrivés à une heure du palais, ils firent halte et Dëirdrée parla :

- O Naisi, au-dessus d'Emain, vois ce nuage couleur de sang. Crois-moi : viens te réfugier auprès du héros Cuchullain, jusqu'au retour de Fergus, car il y a dans l'air feintise et traîtrise.

Et Naisi de répondre :

- Je ne puis, mon aimée ; ce serait marquer de la peur et nous n'avons nulle peur.

Ils reprirent leur marche vers la demeure du roi. Et Deirdre dit encore :

- Naisi, voici le signe qui te fixera sur les intentions de Conchobar. S'il vous invite à sa table, vous serez saufs, car un irlandais n'a jamais fait de tort à un hôte. S'il vous envoie à la maison de la Branche Rouge, craignez tout.

Quand la grande porte du palais s'ouvrit, Conchobar dit aussitôt à ses intendants :

- Menez les fils d'Usna, qui sont les bienvenus, et tous leurs gens, à la maison de la Branche Rouge.
Deirdre, une fois de plus, les supplia de ne pas entrer.

- Jamais, dit Illann le fidèle, jamais nous n'avons montré de lâcheté. Nous ne commencerons pas aujourd'hui.

Les gens du clan s'attablèrent et firent honneur aux mets alléchants et aux boissons qui donnent l'oubli.

Deirdre et les fils d'Usna y touchèrent à peine. S'isolant, Deirdre et Naisi demandèrent un échiquier et se mirent à jouer.

En sa demeure, Conchobar pensait à Deirdre.

- Qui veut aller à la Branche Rouge pour me dire si Deirdre a conservé la beauté qui faisait d'elle la reine du monde ?

Lavarcame fit signe qu'elle était prête à y aller.

Elle aimait les fils d'Usna et sa chère Deirdre, quelle avait élevée. Elle les couvrit de caresses, au milieu de ses larmes. Et elle leur dit

- Enfants aimés, c'est une nuit de traîtrise qui se prépare. Le roi a résolu votre mort. Tâchez de résister jusqu'à l'arrivée de Fergus et de ses hommes.

Et elle partit toute pleurante. Ses larmes séchées, elle dit au roi :

- Bonnes et fâcheuses nouvelles je t'apporte. Les trois torches de valeur que sont les fils d'Usna te sont rendus et ils te vaudront le souverain pouvoir de toute l'Irlande. Quant à Deirdre, elle n'est plus ce quelle était : ses jeunes formes se sont évanouies et la royale splendeur de son visage.

Le roi écoutait, confiant et méfiant. Sa jalousie en son cœur montait et descendait comme marée en caverne de mer.

Soudain, il appela un des chevaliers, Trendorn.

- Sais-tu, lui dit-il, qui a tué ton père en combat singulier ?

- Oui, fit l'autre. C'est Naisi qui le tua.

- Va donc à la Branche Rouge et me mande nouvelles de Naisi et de Deirdre.

Trouvant les portes et les fenêtres fermées, Trendorn prit peur. Il allait tourner les talons quand il aperçut un oeil-de-boeuf laissé entrouvert. Il grimpa sur une échelle qui lui permit de voir la grand' salle, les guerriers faisant leurs apprêts, et Naisi avec Deirdre, tous deux penchés sur leur échiquier. Levant les yeux sur son partenaire pour l'inciter à jouer, Deirdre aperçut la face qui les épiait. Elle toucha le bras de Naisi qui soulevait un pion. Il suivit la direction de son regard et visant d'un oeil sûr, il lança la pièce et creva l'oeil de Trendorn.

Hurlant de douleur et de rage, le traître dit au roi

- Les fils d'Usna siègent à la Branche Rouge comme s'ils en étaient les rois. Quant à Deirdre, elle est toujours une reine de grâce et de beauté.

A ces paroles, la jalousie de Conchobar reflamba de plus belle et il prit toutes les mesures pour que les fils d'Usna ne puissent échapper à leur destin. Il donna l'ordre à ses mercenaires d'assaillir la maison de la Branche Rouge et de lui amener les fils d'Usna, morts ou vifs.

Les murs et les huis de cœur de chêne soutinrent vaillamment l'assaut. Alors les soldats entassèrent tout autour des ronces et des piles de bois, auxquelles ils mirent le feu. Bientôt les flammes s'élevèrent de toutes parts. Les fils d'Usna tinrent conseil. Buinn, le fils aîné de Fergus, s'avança et dit :

- C'est à moi qu'il appartient de repousser le premier assaut, car je suis ici votre garant en lieu et place de mon père.

On lui ouvrit les portes et avec un noyau d'hommes choisis, il fit une sortie, occis trois fois cinquante mercenaires et réussit à étouffer les flammes. Mais il ne revint pas. Le roi lui fit offrir secrètement sa faveur et un beau et bon domaine. Buinn accepta lâchement et trahit son père et ses amis. Il n'en fut point récompensé. A cette même heure, une maladie s'abattit sur le domaine et le frappa d'éternelle stérilité : c'est encore aujourd'hui la morne lande Fuad.

Apprenant ce méchef, le second fils, Luann, le cœur navré, se leva et dit :

- Fils d'Usna, je suis, de par mon père Fergus, votre second garant. Point ne vous trahirai. Tant qu'en ma main vivra cette vibrante claymore, je vous serai fidèle. A moi l'honneur de repousser le deuxième assaut.

Les mercenaires revenaient à l'assaut et, à coups de bélier, cherchaient à enfoncer la porte. Illann l'ouvrit toute grande et, avec ses fidèles, se jeta sur les assaillants qu'ils dispersèrent sous leurs coups. Il profita du répit pour dire où en étaient les choses à Naisi qui, pour tenir haut le courage de tous, continuait calmement sa partie d'échecs avec Deirdre.

Conchobar mettait à profit cet arrêt d'autre guise. Il appela son fils Fiéra et lui dit :

- Illann et toi naquîtes la même nuit. Il a les armes de son père ; prends les miennes, mon bouclier, mes deux lances et ma claymore à lame bleue. Va, et bats-toi en homme.

Tous firent cercle pour voir aux prises les deux fils de chef. Illann l'emporta et bien que Fiéra s'abritât derrière l'écu de son père, il allait être transpercé, quand le boucher poussa un gémissement auquel fit écho la voix de la mer. Le héros Conall l'entendit sur le seuil de son fortin. « Le roi est en danger ! » s'écria-t-il, et il bondit sur ses armes.

En un clin d'oeil il fut sur place, s'ouvrit un passage et croyant que c'était son roi qui pliait sous le lourd bouclier, il porta au fils de Fergus un coup mortel. Levant sur lui ses yeux hagards, Illann gémit :

- Est-ce toi, Conall ? Est-ce ton glaive qui frappe sans savoir qui, sans savoir que je me bats pour sauver les fils d'Usna de la traîtrise de Conchobar ?

Tournant sa douleur et sa rage sur l'autre qui sortait de dessous le bouclier, Conall lui fit au loin voler la tète. Puis, il s'éloigna à grands pas, silencieux et froncé.

Rassemblant ses dernières forces, le fidèle Illann jeta ses armes dans le fort de la Branche Rouge, lanca aux fils d'Usna un dernier appel à la rescousse et, glissant sur l'herbe verte, il sentit s'obscurcir en ses yeux la lumière et rendit l'esprit.

Le siège recommença aux approches de la nuit. Durant la première veille, Ardann contint les mercenaires par une heureuse contre-attaque. Durant la deuxième veille, Aïnli prit la garde et tint l'ennemi à distance. Durant la troisième veille, Naisi conduisit la sortie et fit des mercenaires un épouvantable massacre : ils gisaient serrés comme feuilles mortes après l'hiver dans une épaisse forêt.

Ils tombaient aussi, les fidèles de Naisi, et il se demanda s'il pourrait soutenir un dernier assaut.

- Monte, cria-t-il à Lavarcame, monte vite sur le dernier rempart, et vois à l'Est si tu n'aperçois pas Fergus et ses hommes.

Quand Lavarcame revint, elle était encore plus abattue : elle n'avait rien vu que l'herbe qui verdoye et les bestiaux paissant.
Lors Naisi tint avec ses frères un dernier conseil. Après quoi, ils firent un solide rempart de leurs hommes, de leurs épées et de leurs boucliers autour de Deirdre, et, sortant en une seule masse, ils foulèrent encore aux pieds trois cents mercenaires.

Doutant de venir jamais à bout des fils d'Usna, Conchobar manda le druide Cathbad, qui avait amitié pour Naisi et ses frères.

- Ces fils d'Usna sont des braves. Mon plaisir serait de les reprendre à mon service. Toi qui es aimé d'eux, va les trouver. Dis-leur de poser les armes, de se soumettre et je leur rendrai ma faveur et toutes les prérogatives de la Branche Rouge. J'engage ma parole de roi et ma foi de chevalier.

En toute confiance, Cathbad s'acquitta de sa mission. Les fils d'Usna accueillirent ces ouvertures avec joie, jetèrent bas leurs armes et allèrent rendre hommage ! Mais à peine furent-ils sans défense que le roi les fit saisir et enchaîner. Pour trouver un bourreau, il parcourut des yeux le cercle des soldats ; mais pas un Ulstérien n'accepta cet opprobre. Un étranger du nom de Mainy, dont les deux frères avaient été tués par Naisi en loyal combat, fit signe enfin qu'il était prêt à obéir.

Alors Ardann prit la parole :

- Comme étant le plus jeune, je demande à être égorgé le premier, afin de ne pas voir la mort de mes frères.

- Moi, je suis né avant Naisi, dit alors Aïnli, je demande à être frappé avant lui.

- Mon épée, dit alors Naisi, que m'a donnée le fils de Lir, a cette vertu de ne jamais laisser inachevé le coup quelle a une fois porté. Qu'elle nous frappe tous. les trois ensemble et nous mourrons au même moment.

Et Mainy fit sauter les trois têtes du même coup.

Quant à Deirdre, elle déchira ses cheveux d'or et poussa des cris de fureur et d'affolement. Puis, enfin calmée, elle resta comme égarée, et d'une lente mélopée chanta cette lamentation :

Les lions généreux ont fermé leur paupière
Et je reste seule à gémir.

Les torches de bravoure ont éteint leur lumière
Et dans leur nuit je veux mourir.

Ils étaient mon rempart contre les loups sauvages
Et contre l'homme plus méchant.

Parfois ils me dressaient un frais lit de feuillages,
Sur leurs boucliers me couchant.

Ils m'emportaient, ils me berçaient de leurs voix graves
Dans les ravins, sous les noyers.

Ils étaient beaux, ils étaient bons, ils étaient braves,
Et je rallumais leurs foyers.

L'épieu levé, quand ils abattaient les daims fauves,
Quand ils harponnaient les saumons,

Ils exultaient, si j'admirais de mes yeux mauves
Leur œil sûr de jeunes faucons.

Par-dessus roi jaloux j'avais élu mon maître,
Mon preux, mon aimé, mon ami.

Avec lui que je perds, je m'en vais disparaître,
Deirdre, épouse de Naisi.

Que j'aimais cette vie indépendante et rude
Où chaque jour a son péril !

Où notre amour brûlant peuplait la solitude
De feux qui nous cachaient l'exil !

La traîtrise a dompté ta royale cavale,
Ta droiture dans les combats :

Je veux accompagner ton âme trop loyale,
Qui, sans moi, ne comprendrait pas.

Amis, creusez la fosse et plus large et plus creuse,
Pour nous quatre et non pour ces trois :

Deirdre y veut dormir toute sa mort, heureuse
Avec son époux et ses rois !

Quand elle eut achevé d'exhaler sa plainte, elle se laissa choir sur le corps de Naisi et tout aussitôt cessa de vivre. Ils dressèrent sur la tombe un grand cairn de pierres et gravèrent en hautes lettres ogham le nom de Deirdre et des trois fils d'Usna.»

Deirdre
Parole et musique

D’après W.B. Yeats et Lady Gregory, adapté et mis en scène par Pierre Longuenesse

Avec Anne-Catherine Chagrot, Pierre Longuenesse, Pascale Tardif
et Linda Wise
Création picturale : Jacqueline Lobenberg
Inspiration musicale de Rosena Horan et Gilles Petit

Diffusion :
Médiathèque de Saint Maurice
Maison de la Poésie de Saint Quentin en Yvelines

Avec le soutien du Théâtre des Quartiers d’Ivry
Création 2004

Présentation

Deirdre est une des figures les plus importantes et les plus connues de la littérature orale irlandaise. Sa légende est une des nombreuses variantes du mythe de Tristan. Dans les années 1900, de nombreux écrivains - Synge est le plus connu surtout, avec sa Deirdre des douleurs - se sont emparés du mythe. Ils en font le symbole de la renaissance littéraire de la nouvelle Irlande, en même temps qu’une matière inépuisable d’une rêverie sur l’amour et le pouvoir, le désir et la quête - ou la perte ? - de soi.

En préfiguration d’un projet de mise en scène de la pièce de William Butler Yeats, Deirdre, dont la création est prévue en 2006, nous nous proposons d’ouvrir un chantier autour de la figure et du mythe de Deirdre.

La petite forme présentée ici va donc chercher du côté des formes contées de la légende - le texte source d’abord, du XIIème siècle, dit “manuscrit de Leinster”, traduit par l’ethnologue d’Arbois de Jubainville à la fin du XIXème siècle ; et un texte de Lady Gregory, complice en écriture de Yeats . Un comédien-musicien raconte la légende, et sa parole fait surgir, de façon fragmentaire, des esquisses de scène jouées, de dialogues, de chants.

Un Roi déjà agé, Conchubar Roi d’Irlande, tombe amoureux de la jeune Deirdre, élevée dans la forêt par une sorcière. Il décide de l’épouser, mais quelques jours avant leurs noces, elle est enlevée par Naoise. Pendant sept ans ils errent en amants dans le monde, pendant sept ans le Roi Conchubar attend. La pièce de Yeats se concentre sur le moment de leur retour.

Rassurés par la promesse d’un pardon, confirmée par le vieux serviteur Fergus, Deirdre et Naoise ont regagné le chateau royal. Partagés entre l’espoir d’une vraie réconciliation, et la crainte du piège, ils s’épanchent longuement, seuls ou ensemble, sous l’oreille attentive et bienveillante de Fergus et de deux servantes musiciennes.

Mais la jalousie est trop forte, et Conchubar propose de ne laisser Naoise en vie que s’il disparait, et si Deirdre revient dans la demeure et la couche de l’époux renié. Deirdre, pour sauver Naoise, feint d’accepter le marché. Naoise n’en est pas moins assassiné dans une antichambre. Conchubar se croit vainqueur, mais Deirdre use d’une ultime ruse. Obtenant d’adresser un dernier adieu en privé au mort, elle se tue à ses côtés, laissant le vieux Roi à sa folie et sa solitude.

Les auteurs

William Butler YEATS
Né près de Dublin en 1865, W.B.Yeats est issu d’une famille protestante irlandaise - son père est peintre et ami des derniers pré-raphaélites. Après des études à Londres et une formation artistique à Dublin, il s’intéresse au théâtre, et s’intègre au mouvement de la renaissance littéraire irlandaise. Il fonde avec Lady Gregory l’Abbey Theatre de Dublin dont la renommée devient considérable. Il compose alors de nombreuses pièces où le folklore légendaire, le mysticisme et la magie se fondent en un vaste souffle poétique. Après La Comtesse Cathleen (paru en 1892) et Le Pays du désir du coeur (The Land of Heart’s Desire, 1894), il faut citer Les Ombres sur la mer (1900 puis 1906), Deirdre (1907), ou encore des œuvres conçues sous l’influence du nô japonais : Quatre Pièces pour danseurs (Four Plays for Dancers, 1921). Il est élu prix Nobel de littérature en 1923, et meurt en France, où il s’est installé les dernières années de sa vie, en 1939.

Lady Augusta Gregory
Née à Galway en 1852, elle fut très tôt veuve d’un gouverneur de Ceylan, et s’engagea alors activement dans le mouvement du renouveau littéraire Irlandais, au côté de Yeats et Synge. Elle fit ainsi de son domaine de Coole Park, près de Galway, le lieu de séjours de toute une génération d’écrivains, et publia elle-même plusieurs recueils de récits et légendes traduits du gaélique, et une trentaine de pièces de théâtre, dont les plus importantes (notamment une version de Deirdre, ou encore Le lever de la lune, ou La pomme d’or) furent représentées à l’Abbey Theatre. Elle traduisit aussi des œuvres étrangères, notamment Molière. Elle meurt en Irlande en 1932.

Commentaire

Femmes, si je meurs cette nuit, quels mots choisirez vous ? (…)
Yeats, Deirdre

Contrairement à Synge, son contemporain, Yeats n’envisage pas la légende de Deirdre de façon colorée et populaire, et en fait une tragédie celtique centrée sur la parole, où les protagonistes sont encadrées par des musiciennes-bardes-voyageuses, porteuses de magie poétique : Le destin de Deirdre et de Naoise est de mourir, pour entrer dans la légende, et ré-exister d’une vie plus forte à travers la parole et le chant du poète et du barde.

Deirdre, Hélène irlandaise, n’est donc pas seulement une femme qui par sa beauté extraordinaire réveille la violence et fait imploser l’ordre du monde. C’est aussi une créature mi- réelle mi-surnaturelle, qui vit son destin tout en le verbalisant, et fait de sa passion un chant épique. Même si notre première esquisse de spectacle sur le mythe se détourne de la pièce de Yeats pour explorer ses sources, c’est cette importance accordée à la parole poétique qui nous a guidés dans notre travail. Nous avons donc gardé ces figures de musiciennes, à la fois protagonistes et messagères de l’histoire, et cherché à faire entendre un récit qui se met en scène.

L’Irlande a une façon qui lui est propre de mêler les vivants et les morts. Les morts sont la mémoire, et ainsi plus vivants que les vivants, qui ne trouvent sens à leur vie que dans la relation à cette mémoire : les légendes ne sont pas des histoires mortes, parce qu’elles sont encore en nous, et que nous sommes, dans les secousses profondes de notre vie, ces légendes sans cesse ré-écrites. La vie et les récits se mêlent alors dans une mise en abime sans fin, chaque vie se faisant progressivement légende pour les suivantes, par une lente sédimentation de la mémoire.

Enfin, c’est ce travail sur la parole qui, à un siècle de distance, établit un pont entre les recherches des trois complices de l’Abbey Theatre qu’étaient Yeats, Synge et Lady Gregory, et nos réflexions d’aujourd’hui qui, de Blanchot à Novarina, font du langage l’un des lieux par excellence de l’expérience intérieure.

DEIRDRE. Irlande.

Deirdré est l'Irlande même, dans ses malheurs et son héroïsme historiques.

Fille de la femme de Fedelmir, conteur de Conchobar, elle se met à crier alors qu'elle est encore dans le ventre de sa mère.

Le druide Cathbad prophétise qu'une femme « aux boucles blondes, aux superbes yeux gris-bleu, aux joues pourpres comme la digitale, aux dents de neige d'hiver naîtra: mais pour elle, les hommes se battront, des meurtres auront lieu parmi les guerriers ulates, et que le malheur s'abattra sur l'Ulster à cause d'elle»; cette femme est Deirdré dont le nom signifie Danger. Conchobar la fait élever chez lui, recluse; Leborham, magicienne et femme de confiance de Conchobar, s'en occupe en secret.

Un jour - et c'est la vision de Deirdré - elle voit un corbeau sur la neige en train de boire du sang; elle décide que l'homme à qui elle se destine aura ces trois couleurs: « l'homme que j'aimerai aura les cheveux noirs comme le Corbeau, la joue rouge comme le sang, la peau blanche comme la neige ». Leborham lui apprend que cet homme existe: c'est Noisé, un des fils d'Unesh.

Deirdré s'offre à lui, mais il refuse, car Conchobar l'a choisie comme future épouse; elle lui jette un geis qui l'oblige à l'enlever avec ses frères; ils s'échappent de chez Conchobar puis au roi d'Ecosse qui la désire également. Mais Conchobar la reprend; Noisé est tué par Logan Mané Main Rouge après un enchantement de Cathbad et une traîtrise de Conchobar qui provoque la « révolte » de Fergus, Dubtach et Cormac. Deirdré reste un an auprès de Conchobar, prostrée, dépérissant; il la livre à Logan, assassin de Noisé; pendant que Conchobar l'emmène, Deirdré se jette de son char sur un rocher et se suicide.


Dictionnaire de Mythologie Celte
Jean-Paul PERSIGOUT
Éditions du Rocher, Monaco, 1985

DIARMUID ET GRAINNE



Philippe Camby
DE L'ÉTREINTE A L'ÉTERNITÉ

ou LES LITURGIES DE L'EXTASE
COLLECTION ETUDES & ESSAIS
Texte intégral imprimable

Peut-on atteindre, à travers les jeux de l'étreinte, l'éternité ? Peut-on connaître l'amour divin à travers l'amour humain ? Accéder au Sens au moyen des sens ? Certainement, puisque c’est l’enseignement de Platon, des cérémonies nuptiales sumériennes ou égyptiennes, la leçon du Cantique des Cantiques et du mythe d’Yseult. Cependant les secrètes recettes des antiques civilisations de la Déesse, en Occident, ont été perdues, et il faut enquêter chez les fidèles de Krishna, les sages et les saints du Tao, les commentateurs du Kama Sûtra ou les adeptes du Yoga de la Kundalini pour en redécouvrir les fondements métaphysiques et les ascèses. En conclusion de cette vaste entreprise de mise en relation des mythes fondamentaux de l’espèce humaine (l'Androgyne, la symbolique du Serpent, etc) et des « recettes » orientales, l'auteur donne raison aux initiés et aux gnostiques de toutes les confessions qui ont vécu « la religion de l'amour » totalement incarné et professé aussi que, dans le sacrement de la volupté, les Amants s’immortalisent. Une invitation à revivre la Genèse, « à devenir les contemporains de la Création » et à savourer, « dans la profusion de la Grâce, l'intime jubilation, le sublime amour et la sauvagerie du Vivant ».
Diplômé de droit et de philologie, ancien chargé de cours à l’université, Philippe Camby est également l’auteur de L’érotisme et le sacré, et de plusieurs recueils de contes populaires.
Béroul
TRISTAN ET YSEUT
Traduction de Philippe Camby

COLLECTION ROMANS
Texte intégral imprimable

Qui veut connaître la véritable histoire de Tristan et Yseut doit s’en tenir au roman de Béroul. Tout Béroul, rien que Béroul ? Fondamentalement, oui. Car s’il existe des pièces annexes qui confirment la leçon de Béroul, tous les autres auteurs qui se sont emparés de l’histoire pour la raconter à leur façon lui ont donné une teinte morbide qui n’est absolument pas dans l’esprit de notre romancier. La morale des continuateurs veut que la passion précipite les amants dans la mort. C’est ce que Béroul n’indique pas. Au contraire, dans son Roman de Tristan, l’amour triomphe de tous les obstacles. Quand le philtre cesse ses effets, les amants sont vaincus par les convenances, mais ils continuent de s’aimer. Yseut est restituée au roi Marc, mais Tristan exilé ne quitte pas le pays ; réfugié chez le forestier Orri, il continue à correspondre avec Yseut et les amants se ménagent des rencontres « en privé, dans une chambre douce ! » (v. 3312). Après son retour supposé d’exil, Tristan fréquente assidûment la chambre de la reine, dès que le roi n’y est pas ; et le roman finit par le massacre de tous les «traîtres» qui se sont opposés à la passion des plus célèbres amants d’Europe.
Hymne véritable à l’amour triomphant, le Roman de Tristan, drôle et enjoué, méritait une traduction nouvelle, plus proche de l’original. L’écriture vive, le style nerveux et le subtil humour de Béroul n’ont jamais été aussi soigneusement restitués que par cette traduction élaborée ligne à ligne et mot à mot par Philippe Camby. On joint ici au texte de Béroul une traduction de la romance galloise Ystoria Trystran qui éclaire merveilleusement cette authentique Bible des amants. Un appareil critique de plus de 200 notes éclaire le texte.
Ancien chargé de cours à l’université, Philippe Camby, spécialiste de l’histoire des religions, a notamment publié : L’érotisme et le sacré (Albin Michel, 1989) et De l’Étreinte à l’Éternité (Le Relié et Le grand Livre du Mois, 2001).



DIARMUID ET GRAINNE

Aithed Grainne Ingine Corbmaic La Diarmait Ua Duibne
(The Pursuit Of Dermott - L’enlèvement De Grainne)

COLLECTION POÉSIE – Classiques irlandais
Texte intégral imprimable

Grainne, la fille du haut-roi d’Irlande est promise à Finn, le chef des Fiana. Mais Grainne, sous l’influence d’une marque d’amour magique qui orne le front de Diarmuid, s’éprend de ce dernier et l’oblige, au moyen d’une injonction magique (geis), à s’enfuir avec elle. S’ensuit une errance des amants, poursuivis par Finn et les Fiana , qui va durer seize ans. À trois reprises, Oengus (« l’Apollon irlandais ») sauve les fuyards des embuscades de leurs ennemis. Une réconciliation a lieu : Diarmuid et Grainne vivent des jours heureux et ils ont quatre fils. Mais Finn n’a pas renoncé à se venger… Nous avons publié ici même, en 2002, une adaptation de Roger Chauviré qui était défectueuse. Basée sur une transcription censurée, cette version prétendait que les fuyards demeuraient chastes. Non, les versions originales sont sans équivoque et cette traduction de Philippe Camby en rétablit la vertu. Les amoureux sont des amants et la seule « morale » qui importait aux conteurs anciens est identique à celle du Tristan et Yseut de Béroul : figure de la Souveraineté, Grainne, comme Yseut, se donne à qui elle veut.

Diarmuid Ua Duibhne

DIARMUID UA DUIBHNE ou Diarmuid " à la tache d'amour "ou DIARMAID O'DUIBHNE "aux joues rouges comme les baies du sorbier magique", son nom signifie "L'Oubli", était le fils adoptif d'AENGUS, le dieu de l'amour irlandais. Son père mortel le donna au dieu alors qu'il était encore enfant, un présent qui lui fut rendu quand Diarmuid, devenu un jeune guerrier FIANNA, reçut cette fameuse tache d'amour .

Diarmuid accompagne FINN MAC COOL dans sa poursuite du cheval de GILLA-LE-DUR jusqu'à la mer. Défié par un magicien, il poursuit le cheval dans un puit qui le conduit à exterminer les quatorze gardiens du château de TIR FOHIN, le Pays sous la Mer. Il y restitue le trône au souverain légitime, ami de Gilla-le-Dur.

Une nuit alors qu'il chassait, Diarmuid et trois de ses compagnons s'abritèrent dans une cabane dans les bois. Une très belle femme les accueillit et dormit avec Diarmuid. Elle lui expliqua qu'elle était la Jeunesse et que la tache d'amour qu'elle plaçait sur son front le rendait irrésistible auprès des femmes. A la suite de quoi, la vie de Diarmuid ne cessa d'être troublée par les femmes, dont GRAINNE, la fille du grand roi CORMAC MAC AIRT. GRAINNE était promise à FINN MAC COOL, le chef des FIANNA, mais elle aimait passionnément Diarmuid et le força à s'enfuir avec elle. Seize années durant, les FIANNA les poursuivirent jusqu'à ce que la paix fut finalement conclue à la requête du roi et du dieu de l'amour.

Diarmuid et GRAINNE purent enfin mener une vie calme . Il s'établirent et eurent des enfants. Mais le destin de Diarmuid ne tarda pas à s'accomplir. Son père mortel avait tué son frère à sa naissance car il croyait que ROC, le régisseur d'AENGUS, en avait été le géniteur. Cependant, ROC fit revivre l'enfant sous les traits du sanglier magique de BEN GUBAIN et lui ordonna de tuer Diarmuid. Un jour qu'il chassait avec CORMAC MAC AIRT et FINN MAC COOL, Diarmuid tomba face à face avec la créature. Ses chiens s'enfuirent terrifiés, les pierres de sa fronde n'eurent aucun effet sur la tête du sanglier qui le chargeait , son épée se brisa en deux et il se retrouva vite sur le sol, perdant tout son sang. FINN MAC COOL refusa d'aller chercher de l'eau pour le mourant et avant que le reste des chasseurs n'arrivât sur les lieux, il était trop tard pour le sauver. GRAINNE fut terrassée de douleur, mais touchée d'apprendre qu'AENGUS avait pris soin du défunt. Il avait emmené le corps de Diarmuid dans son palais près du fleuve BOYNE et lui avait insufflé une nouvelle âme pour pouvoir parler avec lui chaque jour. Ce fut ainsi que le jeune homme partit vivre auprès des TUATHA DE DANANN qui, à l'époque, avaient déjà quitté le monde visible pour s'installer sous les terres d'Irlande.

The Pursuit of Diarmuid and Gráinne

The pursuit

The story begins with the aging Fionn, leader of the warrior band the Fianna, grieving over the death of his wife Maigneis. His men find that Gráinne, the daughter of High King Cormac mac Airt, is the worthiest of all women and arrangements are made for their wedding. At their betrothal feast, however, Gráinne is distressed that Fionn is older than her father, and becomes enamored with Fionn's handsome warrior Diarmuid (according to oral versions, this is because of the magical "love spot" on his forehead that makes him irresistible.[1]) She slips a sleeping potion to the rest of the guests and encourages Diarmuid to run away with her. He refuses at first out of loyalty to Fionn, but relents when she threatens him with a geis forcing him to comply. They hide in a forest across the River Shannon, and Fionn immediately pursues them. They evade him several times with the help of other Fianna members and Aengus Óg, Diarmuid's foster father, who conceals Gráinne in his cloak of invisibility while Diarmuid leaps over the pursuers' heads.

Different variants from Ireland and Scotland contain different episodes, sending Diarmuid and Gráinne to all manner of places. Commonly Diarmuid refuses to sleep with Gráinne at first out of respect for Fionn; in one version she teases that water that has splashed up her leg is more adventurous than he is. A similar quip appears in some versions of the Tristan and Iseult legend. Another episode describes how the newly-pregnant Gráinne develops a craving for rowan berries guarded by the one eyed giant Searbhán; though at first friendly to the lovers, Searbhán angrily refuses to give up the berries and Diarmuid must fight him. Searbhán's skill at magic protects him from Diarmuid's mortal weapons, but Diarmuid eventually triumphs by turning the giant's iron club against him.

Diarmuid's reconciliation and death

After many other adventures, Diarmuid's foster father Aengus negotiates peace with Fionn. The lovers settle in Keshcorran, County Sligo where they have five children; in some versions, Fionn marries Gráinne's sister. Eventually Fionn organizes a boar hunt near Benbulbin and Diarmuid joins, in spite of a prediction that he will be killed by a boar. Indeed, the creature wounds him mortally as he deals it a fatal blow. Fionn has the power to heal his dying comrade by simply letting him drink water from his hands, but he lets the water slip through his fingers twice. Finally Fionn's grandson Oscar threatens him with violence if he does not help Diarmuid, but when he returns from the well on the third attempt it is too late. Diarmuid has died.

Versions differ as to Gráinne's subsequent actions. In some Aengus takes Diarmuid's body to his home at Brú na Bóinne. In some Gráinne swears her children to avenge their father's death upon Fionn, while in others she grieves until she dies herself. In some she is reconciled with Fionn, and negotiates peace between him and her sons; or goes so far as to marry Fionn at last.


Benbulben Moutain

The story of the enchanted boar of Benbulben associates the mountain with Fionn McCumhail and Diarmuid Ó Duibhne, two legendary Irish figures. Gránne, a beautiful woman and daughter to the High King, was betrothed to Fionn, the leader of a group of elite warriors known as the Fianna. She fell in love with Diarmuid, a member of the Fianna, and forced him to elope with her. Fionn's anger was such that he chased the couple all around Ireland. After many years peace was made between Fionn and Diarmuid and the couple finally settled at Griannamore, a townland near Ballymote, County Sligo.

One night, while at his new home, Diarmuid was awakened by the sound of hounds barking in the distance and decided to investigate. He came to Benbulben, where Fionn and the Fianna were hunting. Fionn told Diarmuid that the wild boar had killed fifty of his men, and at that moment the huge boar appeared near the peak of the mountain. Diarmuid plunged his sword into the boar and leapt on its back. The two struggled together but Diarmuid had dealt a fatal blow to the boar's head. Before the mighty boar died it turned and thrust its tusk into Diarmuid's side, fatally wounding him.

As the hero lay dying he beseeched Fionn to use his magical powers of healing to save his life by allowing him to drink water from his hands. Fionn collected water in his palms from a nearby spring and as he returned he remembered the humiliation and frustration the younger man had caused him and let the water slip through his fingers. Fionn felt the cold stares of his men upon him and this time he collected the water and brought it safely to the dying man. But he was too late. Before he could take a drink Diarmuid breathed his last breath on the side of Benbulben. Fionn's vengeance was only half realised. According to one version of the story, the leader of the Fianna sent the head of Diarmuid to Grainne who died on seeing it. Friends of Diarmuid's carried her body to a cave and buried the couple together. This cave is known as Diarmuid and Grainne's Cave and is located in the south western corner of Gleniff Horshoe Valley.


The Legend of Diarmuid and Grainne

Bun Bulben, with Sligo Bay in the foreground. One of the great Romantic legends of Ireland is that of Diarmuid & Grainne, similar to the Legends of King Arthur and the romance between his wife Guinevere and right hand man Sir Lancelot.

This sculpture in the village of Kilbaha, Co. Clare was inspired by the legend of Diarmuid and Grainne. Grainne, was the most beautiful woman in Ireland, she was also the daughter of Cormac MacAirt, the High King of Ireland. Grainne was courted by Ireland's most eligible, Princes and Chieftains, including the now ageing chief Fionn MacCool, who wanted the young maid as his second wife. He asked her to marry him, she agreed and a great feast was set up to celebrate the newly engaged couple. But on that night Grainne met Diarmuid, one of Fionn's best warriors and it was love at first sight! Grainne was prepared to go to any lengths to get her man and drugged the entire party, apart from Diarmuid. With Diarmuid all to herself, Grainne confessed her love for him, but Diarmuid backed off, as he was loyal to his leader Fionn. But Grainne wasn't taking no for an answer, so she put a spell on him and he fell in love with her.

The two ran off together, hotly pursued by a very angry Fionn and his men. All across Ireland the eloping couple ran and all across Ireland there are caves, trees and all kinds of nooks and crannies, under or inside of which, local legend has it that Diarmuid and Grainne, lay together and hid. After long years on the run, Grainne fell pregnant with Diarmuid's child, but fate was about to catch up with them. One day out in the wilderness, with Fionn and his men closing in, Diarmuid and Grainne came across the heath of Benbulben in Co. Sligo, where a giant boar confronted them. This was bad news for Diarmuid, whom legend had told that the only living creature that could harm him, was a wild boar. As the boar charged, Diarmuid, protecting his heavily pregnant lover, wrestled it to the gound in a fight to the death. The warrior killed the boar with his sword, but not before the boar had gored Diarmuid, fatally wounding him.

As Fionn and his men came upon their long sought quarry, he found Diarmuid dying in a heavily pregnant Grainne's arms. A despairing Grainne knew she had just one chance to save her lover. She implored Fionn to show mercy and save his former friend by curing Diarmuid with a drink of water cupped by his magical hands. But Fionn refused, still hurt that his best friend had eloped with his betrothed. With Diarmuid dying, Fionn's men begged him to help this once great warrior to live. But still Fionn refused. It was only when Fionn's son Oisin challenged his father and threatened to kill him that Fionn agreed to help Diarmuid. But it was to late, before Fionn had got the water, Diarmuid had died.

Galerie à visiter :
http://www.robinbuick.com/gallery.htm
Gráinne Fountain Bronze 173 x 80 x 80 cms From Celtic mythology,
the love of Diarmuid and Gráinne, Gráinne as goddess with her totem animal the wild boar.

Diarmuid, bronze, half life size, height 60 cms.

Gráinne, bronze, half life size, height 60 cms.

Gráinne Bronze 60 x 50 x 33 cms From Celtic mythology, the love of Diarmuid and Gráinne.

The Kiss 2001 Bronze Height: 50 inches Base: 20 x 20 inches



Tree of Love

This sculpture in the village of Kilbaha, Co. Clare was inspired by the legend of Diarmuid and Grainne.
The tree used in the sculpture was taken from a bog in West Clare and is about 5000 years old.
The sculpture is the work of Jim and Seamus Connolly.

http://flickr.com/photos/45755268@N00/1337971679