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jeudi 3 avril 2025

Éloge du lâcher-prise



Dans la douceur des premiers rayons de soleil, une feuille se détache lentement d'une branche. Sans résistance, sans regret, elle danse librement dans l'air avant de se déposer doucement à terre.

Cette feuille, en se détachant ainsi, nous enseigne la sagesse profonde du lâcher-prise.


Le lâcher-prise, selon le Taoïsme, est l'art subtil de suivre le mouvement naturel de la vie, de s'abandonner avec confiance au courant universel du Tao.


Lao Tseu nous rappelle dans le Tao Te King : « Celui qui force son chemin s'épuise, tandis que celui qui suit le cours naturel trouve aisément la paix ».


En lâchant prise, nous cessons de nager à contre-courant et retrouvons naturellement l'équilibre intérieur.


Le Tao nous invite à devenir comme l'eau, humble, fluide, capable de s'adapter à toutes les situations, sans jamais perdre sa véritable nature.


Pour le bouddhisme, le lâcher-prise est le remède à nos souffrances.


Bouddha nous enseigne que l'attachement excessif génère la souffrance, car rien dans ce monde n'est permanent. Accrochés à nos certitudes, à nos désirs ou à nos peurs, nous sommes prisonniers de nos propres illusions.


En accueillant l'impermanence avec sérénité, en acceptant de laisser partir ce qui doit partir, nous découvrons la liberté véritable.


Lâcher prise devient alors un acte de compassion envers nous-mêmes et envers les autres, nous libérant de nos chaînes mentales et émotionnelles.


Le confucianisme, quant à lui, souligne l'importance d'une juste mesure dans nos actions et nos pensées.


Confucius nous rappelle : « Trop loin à l'Est, c'est déjà l'Ouest ».


Autrement dit, l'excès d'attachement à nos idées, nos ambitions ou nos objectifs, conduit irrémédiablement à la perte de l'équilibre harmonieux, source de désordre intérieur.


Le lâcher-prise confucéen est celui de l'homme sage, capable d'agir avec détermination, mais aussi de relâcher, de ne pas s'entêter lorsque le destin nous invite à changer de voie.


Victor Hugo, dans son poème « Demain, dès l’aube », exprime magnifiquement ce lâcher-prise face au deuil et à la douleur :


Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

 

Ainsi, que ce soit à travers l'eau souple du Tao, l'impermanence paisible du Bouddha, l'équilibre subtil de Confucius ou l’acceptation profonde de Victor Hugo, le lâcher-prise nous guide vers la paix intérieure, la légèreté du cœur, et l'ouverture à toutes les richesses que la vie nous offre généreusement lorsque nous cessons de vouloir tout contrôler.


Aujourd'hui, inspirons-nous de cette feuille qui lâche sa branche sans regret. Apprenons, nous aussi, à relâcher avec douceur et confiance ce qui ne nous sert plus, pour accueillir pleinement l'instant présent dans toute sa beauté et sa simplicité.


Jean PELISSIER

Médecine Traditionnelle Chinoise

Lettre 81


mardi 11 mars 2025

La Mère du Monde


Expression première du Mystérieux Féminin, Lao Tseu me nomme : « la Mère obscure ».

Vallée du vide, Obscur de l’obscur, racine du ciel et de la terre, Je suis :


« la Porte des Merveilles ».


Porte de la Vie, l’Un suprême, germe et semence, y demeure en Terre.


Issue originellement du non-être, ferment liquide du souffle primordial, Je suis le souffle non igné ancestral, le fondement de la force vitale et de la nature propre, la racine de l’être et du non-être, l’ancêtre du vide et du plein, le pédoncule du yin et du yang.


Existence inexistante, tel un fil de soie, mon action est inépuisable et chacun dépend de moi pour vivre.


Je régis les transformations de l’essence (blanche) qui circule par le biais de la moelle épinière (la “Voie lactée”, le “Ruisseau Cao”, le “Fleuve jaune”) et la Formation du Moi authentique (l’Enfant divin, la Conscience de Soi !).





~~~~~~~


Je suis le Yin dont les mutations se font en douceur, s'étendent comme un flux et progressent de manière souterraine.


Au Nord, Je suis la Nuit, Je suis l'Eau qui vient d'en haut sous forme de pluie et de neige, jaillit des sources, circule sur la terre, dans les rivières et les fleuves, étant ainsi la cause de la Vie sur la Terre !


En tant que ferment liquide du souffle primordial, Je suis à la source des autres éléments.


Je suis l'Eau fluide de la Vie, les courants universels et vitaux dans lesquels vous baignez, les profondeurs insondables de l'inconscient, la Nature Naturante, le Grand Océan de Vie, la Source, l'Origine et le Véhicule de toute Vie, le lieu où la Vie germe et se développe, la Matrice d'où naissent tous les êtres, la Vierge Mère qui met au monde et qui nourrit, à jamais vierge et pure, l'Océan primordial de Lumière, au-delà de l'espace et du temps. Océan d'où tout provient, et où tout retourne… L'Alpha et l'Oméga de la conscience et de l'être, lumière indicible, sereine et joyeuse, Force de vie d'une blancheur infinie, d'une pureté totale, parcourue de grandes ondes bleues et dorées accouchant à l'Aube des temps le premier-né ! …


Eau matricielle de l'océan, origine de toute vie sur votre planète, Je m'évapore sous l'action du soleil, m'imprégne des rayonnements solaires et cosmiques, puis retombe en bénédiction sur la Terre, sous forme du blanc manteau de la neige en hiver, ou en pluie bienfaisante au printemps, y faisant germer et pousser toute vie.


Tout au long du parcours qui me ramène dans l'océan, J'irrigue la terre et y permets la floraison de la Vie une et indivisible, souple et flexible dont le visage change sans cesse…


Je vous invite à la simplicité, à tout fluidifier, à ne rien pétrifier, à lâcher-prise !


À l'Est, Je suis l'Étoile du matin, la lumière de l'Aube, le Vent doux et pénétrant, qui disperse les nuages et apporte la clarté et la sérénité.


Je suis Celle qui génère la Rosée et fait tomber la Pluie…


J'apporte la détente, la volupté et la douceur !


Reine de la Floraison, humble, patiente et pénétrante, Je m'adapte à l'environnement comme les racines. Je suis une force individuante, continue et de faible intensité, chargée d'assujettir le principe obscur, rigide et immobile, d'y éveiller le bien caché.


Je donne l'intelligence, la lucidité, la mémoire et le discernement, la ruse…


Le temps et la répétition sont mes alliés et mes moyens d'action.


Au Sud, Je suis la Nature dans son éclat, le Feu de l'intelligence du Cœur et l'Amour qui monte en flamboyant de la terre, l'esprit qui donne lumière et clarté et qui apaise les cœurs inquiets…


À l'Ouest, Je suis Celle qui rythme les marées et le cycle des fluides vitaux.


J'étais là dès l'origine de l'univers, veillant à l'équilibre de tout, au rapport harmonieux des êtres, à leur cohésion indispensable.


Je maintiens l'ordre du Ciel et de la Terre.


Je suis le principe essentiel, garant de la Vie et de la régularité de ses cycles, de leur commencement et de leur fin.


Je suis responsable du jour et de la nuit, du mouvement des astres, de la lunaison, des marées et des saisons, et de la chute des pluies.


Je suis calme, sereine, joyeuse, souriante, aimable.


Ma fermeté et ma force s'extériorisent sous une forme tendre et douce.


Persévérante, mon action est régulière.


Je donne l'intuition et le sens de la mesure.


Je suis Sophia, la Grande Initiatrice, la Mère du Verbe, la Parole…


Je suis la Poétesse, la Mère des Muses !


J'apporte le rythme, la musique, le signe, l'écriture, la poésie, les arts, la culture, les lois, l'ordre et la justice, la civilisation, la santé, le tissage…


Je suis la Guérisseuse et les oiseaux m'accompagnent…


Au Centre, Je suis le Divin Réceptacle, le Tabernacle, l'Athanor, le Champ des transformations, le lieu où s'éveille la Conscience, le lieu où toute idée prends corps et mouvement, et où tout corps se dissout, libérant ainsi l'idée qui l'animait afin qu'elle puisse retourner à sa source…


Je donne la Vie et je donne la Mort…


Lorsque Je m'ouvre, je laisse entrer la lumière divine, illuminant ainsi toutes choses.


Lorsque Je me ferme, J'embrasse toutes choses dans mon sein maternel…


Mon sein enfante les êtres, les porte et les nourrit pour les rendre beaux et splendides. Je reçois en moi la semence du principe céleste et donne aux êtres leur organisation corporelle, et fais qu'ils prospèrent et se déploient.


Je suis Reine et Souveraine…



lundi 28 février 2011

Les pruniers sont en fleurs !




Plus de photos…


Le Tao produit les êtres, la Vertu les nourrit.
Il leur donne un corps et les perfectionne par une secrète impulsion.

C'est pourquoi tous les êtres révèrent le Tao et honorent la Vertu.
Personne n'a conféré au Tao sa dignité, ni à la Vertu sa noblesse : ils les possèdent éternellement en eux-mêmes.
C'est pourquoi le Tao produit les êtres, les nourrit, les fait croître, les perfectionne, les mûrit, les alimente, les protège.
Il les produit, et ne se les approprie point ; il les fait ce qu'ils sont et ne s'en glorifie point ; il règne sur eux et les laisse libres.
C'est là ce qu'on appelle une vertu profonde.

Tao Te King - 51

Le Principe Homœobiotique

Si les Rois et les Seigneurs pouvaient canaliser le Tao,
les cent mille choses obéiraient naturellement.

Le Ciel et la Terre se réuniraient
et une douce pluie tomberait.

Les hommes n'auraient plus besoin d'instruction
et toutes choses prendraient le chemin de leur accomplissement.

Tao Te King - 32