lundi 6 juillet 2009

La figure de Merlin : folie ou éveil spirituel ?


Le samedi 18 juillet
dans le cadre du festival « CELTIE EN FÊTE »
qui se déroulera à La Maison des Sources
du lundi 13 au dimanche 19 juillet
je vous propose :
une journée à la rencontre de Merlin
l’Émerillon *
qui se déroulera en deux temps :

- Une causerie le matin de 10 à 12 h à la Maison des Sources
- Une randonnée en forêt l’après midi de 14 à 18 h.

Renseignements et inscription :

La Maison des Sources
Librairie - Salon de Thé - Animations
13, rue de Brocéliande
56430 TREHORENTEUC
Tél : 02 97 93 08 73


Ce visage d'un inconnu du Vè siècle a inspiré à Barjavel celui qu'il prête à Merlin.
Il l'a découvert dans la mosaïque byzantine de l'église Saint-Georges, à Salonique.


* Faucon émérillon (Falco columbarius)

Mariage d’aigle et de colombe l’Esmerillon [Nom scientifique : Falco columbarius - Synonymes : Merlin (Angl), Merlin (Alle), Esmerejón (Espa), Smelleken (Neerl), Smeriglio (Ital), Stenfalk (Sued), Derbnik (Russ)] de par son vol stationnaire était au moyen-âge l’un des symboles du St Esprit, équivalent de l’Awen des celtes symbolisé par les trois rais ou Tribann.

Faucon émerillon

Lorsque Dieu prononça son Nom, de Sa Parle jaillirent la Lumière et la Vie.

Le livre du bardisme, ou, Abrégé du Barddas
de Paul Ladmirault

La lumière du Tribann

Ces 3 traits représentent l’Amour, la Science et la Vérité, mais ils peuvent aussi être remplacés par les lettres du triple son divin O. I. W comme l’attestent les paroles du barde Jean Rudd :
“L’Eternel, l’Origine, l’Existant par Soi, le Dispensateur… “.

L’aigle et la colombe

“Mais plus que tout autre centre d’énergie psychique, le huitième chakra se distingue par une vie intense qui va jusqu’à modifier sa propre forme…

Plus il s’ouvre, autrement dit plus celui qui le manifeste devient aimant et sans frontières, plus il se déploie et, en se déformant, projette vers le haut trois flammes de lumière : deux d’entre elles jaillissent de chaque côté de la sphère qui s’amenuise tandis que la troisième s’élève au sommet de celle-ci. Pour l’œil capable de percevoir une telle radiance, l’ensemble fait alors songer à un trident s’échappant d’une petite sphère.

Comment ne pas songer au trident de Shiva ? Comment ne pas voir également dans cette figure lumineuse, la silhouette globale d’un oiseau qui descend, les ailes déployées ?
Mariage d’aigle et de colombe,…

Ainsi, tous les sages, tous les maîtres ascensionnés, tous les Christs et tous les Soleils de tous les univers sont-ils, entre autres, coiffés du signe de l’oiseau ou encore de la patte d’oie *, emblème de celui qui parvient à entendre. ”

* On remarquera que ce signe est constamment présent sur le chemin des pèlerins de Compostelle et qu’il habite subtilement aussi le “jeu de l’Oie”, le jeu de celui qui sait “ouir”.

Comment dieu devint Dieu
Daniel Meurois-Givaudan
Le Perséa

Merlin et la Folie, tout un programme !

Le voici sous son houx, le vieux fou…
Il est assis sur un tas de sous, et il s'en fout !

Et quand Mathurin règne avec Merlin…

Je vous laisse chercher la chapelle et sa fontaine dont l'eau est excellente.


Et voici un clin d'œil alchimique ;-)

Fulcanelli dans ses Demeures Philosophales, illustrées par Julien Champagne, au chapitre intitulé L'homme des bois :

"Mercure apparaît sous l'aspect d'un fou de cour. On le voit, coiffé du capuce à pèlerine d'où pointent deux longues oreilles, tenir un caducée en guise de marotte...

Le mercure, appelé fou du Grand Œuvre, à cause de son inconstance et de sa volatilité, voit sa signification confirmée dans la première lame du Tarot, intitulée le Fou ou l'Alchimiste."

Une autre piste : La figure de Merlin : folie ou éveil spirituel ?

Et une citation tirée de ce "cite à scions" (du bois évidemment) :

Nous devons éveiller la pleine capacité de l'esprit dans ces couches superficielles actives au cours de la vie quotidienne et aussi comprendre ses couches cachées. Il se produit alors une plénitude de vie en laquelle la contradiction avec ses alternances de souffrance et de douleur, n'existe plus.

J. KRISHNAMURTI

Bibliographie :

  • Merlin le prophète ou le livre du Graal, roman du XIIIe siècle mis en français moderne par Emmanuèle BAUMGARTNER, Stock + Moyen Age
  • Merlin, ROBERT DE BORON, trad. par Alexandre Micha, Flammarion [trad. suivie d’extraits de la Vita Merlini de Geofrroy de Monmouth et de la Suite-Vulgate]
  • La vie de Merlin, Geoffrey de Monmouth, trad. Isabelle Jourdan, Climats
  • Merlin l'Enchanteur ou l’éternelle quête magique, Jean Markale, Albin Michel
  • Le devin maudit - Merlin, Lailoken, Suibhne. Textes et étude
    Edité par Philippe Walter
  • Le Testament de Merlin, Théophile Briant, Champion-Slatkine
  • L’Enchanteur, René BARJAVEL, Paris, Denoël
  • Myrdhin ou l’enchanteur Merlin, Hersart de laVILLEMARQUÉ, Terre de Brume
  • Fées, bestes et luitons. Croyances et merveilles dans les romans français en prose, Christine Ferlampin-Acher, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne (« Traditions & croyances »)

Chant Bardique

Possibles sommeillant au sein glauque des eaux,

Du jour où les Trois Cris ont fait frémir l'Abîme,
Nous avons émergé du Chaos anonyme !

Math, au nom révéré, m'a marqué de son sceau :
Sans généalogie et sans humain lignage,
Je suis l'hôte inconnu, porteur du vieux message !

Je suis l'enfant de Math, l'auguste souveraine,
J'ai gardé le Chaudron sacré de Coridwen,
Vers Ynys Pybyrdor j'ai piloté Pridwen !

Je sais le chant de l'elfe et pourquoi la sirène
Exhale sa complainte au creux des noirs récifs,
Je sais tous les secrets du monde primitif.

Je suis l'enfant de Math, la Mère Universelle :
J'ai joué dans l'aurore et pleuré dans la nuit,
Je fus fleur du genêt, luisant rameau du buis,

Vipère tachetée aux yeux de rabucelle,
Loup-cervier dans le bois, aigle sur les hauteurs !
Je suis l'hôte inconnu, surgi des profondeurs…

De Gwynfyd en Abred et d'Announ en Gobren,
En tous lieux m'a porté ma course vagabonde :
Je sais tous les chemins et connais tous les mondes !

J'ai gardé le Chaudron sacré de Coridwen,
J'ai vu Menou l'Ancien tracer les premiers signes
Et Noé travailler à la première vigne.

Je suis l'hôte inconnu, porteur du vieux message…
Quand Menou vit briller, aux cieux, les Trois Rayons,
Je fus marqué par Math et choisi par Gwyon !

De Gwyon j'ai reçu le mystique breuvage
Conférant, à l'esprit qui l'a su mériter,
La suprême sagesse et l'immortalité.

En tous lieux j'ai vécu, rêvé, pensé, souffert :
J'ai retrouvé la clef des portes les mieux closes
Et surpris la Nature en ses métamorphoses.

Je sais tous les chemins de l'immense univers,
J'ai suivi Hu-Kadarn, j'ai piloté Pridwen,
Je suis l'enfant de Math, le fils de Coridwen !

… … … … … … … … … … … … … …
Vos ancêtres, jadis, m'ont appelé Myrddyn…
Puisqu'il vous faut un nom, je suis Taliésin !

André SAVORET
dans “Le Bûcher du Phénix”
Ed. de Psyché 1933.

QUI SUIS-JE ?

"Je suis un barde de la Nature et j'appartiens à Elphin.
Mon pays d'origine est la région des étoiles d'été.
Jean le Prophète m'appelait l'homme de la Mer.
Mais les rois de l'avenir m'appeleront TALIESIN…
Je suis l'instructeur de tout l'univers.
Et le serai jusqu'au jugement sur la face de la Terre.
J'ai été en une demeure périlleuse
Au dessus du cercle du Zodiaque.
Et je continue d'évoluer entre trois éléments.
Il n'y a pas de merveille au monde que je ne puisse révéler.
J'ai été neuf mois pleins dans le sein de Keridwen ;
Je fus Gwyon autrefois et maintenant je suis TALIESIN.
Je suis un habile compositeur, un clair chanteur.
Je suis acier, je suis druide !
Je suis architecte, je suis homme de science…
Je suis dépositaire du chant, je suis homme de lettres.
Je suis reposoir du mystère.
Je suis TALIESIN, et je défendrai le vrai lignage
Jusqu'à la fin des temps, au profit d'Elphin.
Rouge est la pierre de ma ceinture,
Mon bouclier est bordé d'or.
Gemme d'or en un joyau d'or, je suis splendide.
Je suis habile au travail des métaux…
Je suis celui qui anime le feu en l'honneur de Dieu le maître,
Pour tout ce qui concerne le chant aux assemblées des orateurs.
Je suis le sage de la Science primitive.
Je suis l'astrologue averti,
Je connais la loi de l'inspiration féconde.
Je suis un barde qui sait l'Astrologie,
Et qui récite son chant inspiré,
Au couchant d'un beau soir, parmi les pierres…
Je suis le maître tranquille qui conseille les bardes de ce pays
Je suis TALIESIN chef des bardes de l'Occident.
TALHAEARN est le grand maître des astres.
Je connais l'imagination des arbres,
Je connais la signification des arbres.
De l'inscription des arbres des sages je comprends mon institut.
Les pointes des arbres imitateurs,
Que murmurent-elles si puissamment ?
Quels sont les divers souffles qui sont dans les troncs ?
Ces choses sont lues par les Sages
Qui sont versés dans la Science."

Extraits de :

"Les Grands Bardes Gallois"
de Jean Markale - Ed. Jean Picollec
et
"La tradition celtique dans l'art Roman"
de Marcel Moreau - Ed. Le Courrier du livre.

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