vendredi 16 janvier 2009

La mystérieuse Pierre du parvis…


Monsieur Legris

Au milieu de l’espace limité, d’une part, par l’imposante basilique, et, de l’autre, par l’agglomération pittoresque des petits hôtels garnis de flèches, d’épis, de girouettes, percés de boutiques peintes aux poutrelles sculptées, aux enseignes burlesques, creusés sur leurs angles de niches ornées de madones ou de saints, flanqués de tourelles, d’échauguettes à poivrières, de bretèches, au milieu de cet espace, disons-nous, se dressait une statue de pierre, haute et étroite, qui tenait un livre d’une main et un serpent de l’autre. Cette statue faisait corps avec une fontaine monumentale où se lisait ce distique :

Qui sitis, huc tendas : desunt si forte liquores,
Pergredere, æternas diva paravit aquas.


Toi qui as soif, viens ici : Si par hasard les ondes manquent,
Par degré, la Déesse a préparé les eaux éternelles.

La Source
Ingres, Jean-Auguste-Dominique (1780-1867)

Vaisseau-Œuvre
Julien Champagne (1877-1932)

Le peuple l’appelait tantôt Monsieur Legris, tantôt Vendeur de gris, Grand jeûneur ou Jeûneur de Notre-Dame.

Bien des interprétations ont été données sur ces expressions étranges, appliquées par le vulgaire à une image que les archéologues ne purent identifier. La meilleure explication est celle que nous en fournit Amédée de Ponthieu, et elle nous semble d’autant plus digne d’intérêt que l’auteur, qui n’était point hermétiste, juge sans parti pris et prononce sans idée préconçue :

« Devant ce temple, nous dit-il en parlant de Notre-Dame, se dressait un monolithe sacré que le temps avait rendu informe. Les anciens le nommaient Phœbigène fils d’Apollon ; le peuple le nomma plus tard Maître Pierre, voulant dire Pierre maîtresse, pierre de pouvoir ; il se nommait aussi messire Legris, alors que gris signifiait feu, et particulièrement feu grisou, feu follet…

Selon les uns, ces traits informes rappelaient ceux d’Esculape, ou de Mercure, ou du dieu Terme ; selon d’autres, ceux d’Archambaud, maire du Palais sous Clovis II, qui avait donné le fonds sur lequel l’Hôtel-Dieu était bâti ; d’autres y voyaient les traits de Guillaume de Paris, qui l’avait érigé en même temps que le portail de Notre-Dame ; l’abbé Lebœuf y voit la figure de Jésus-Christ ; d’autres, celle de sainte Geneviève, patronne de Paris.

Cette pierre fut enlevée en 1748, quand on agrandit la place du Parvis-de-Notre-Dame. »

Le Mystère des Cathédrales
et l’interprétation ésotérique des symboles hermétiques du grand œuvre
FULCANELLI
Éditions Fayard, Paris, 1925.

Le Jeûneur de Notre-Dame

Dans la première partie, j'ai mentionné cette pierre informe qui fut détruite en 1748. Que représentait-elle? Était-ce primitivement un menhir qui, placé prés de la fontaine guérisseuse, fut sculpté grossièrement a l'époque gallo-romaine? Cela est d'autant plus possible que beaucoup l'appelaient Esculape à cause d'un serpent assez fruste qui se voyait à ses pieds. Certains le prenaient pour Mercure ou un Dieu Ternie, ou encore pour Archambaud, maire du palais, sous Clovis II, ou pour Guillaume de Paris qui avait construit le portail de Notre-Dame. etc.

Si jadis elle avait été l'objet d'un culte, au Moyen Âge il n'en restait aucune trace.

Le peuple, lui, ne s'embarrassait pas de savoir à quelle époque remontait cette statue ni qui elle représentait. N'ayant aucun nom à lui attribuer par tradition, il l'appelait Maître Pierre ou Monsieur Le Gris, certains disaient à cause d'une brise très piquante qui soufflait à cet endroit et qu'en argot on appelait le gris. On colla plus tard sur lui des papiers d'annonces.

L'appellation sous laquelle il semblait avoir été le plus connu parce qu'elle répondait à l'esprit blagueur des Parisiens qui trouvent des expressions pittoresques pour qualifier les hommes et les choses, est celle du « Jeûneur de Notre-Dame » ou du « Grand Jeûneur ». La foire au lard et aux jambons se tenant alors sur le parvis (contraction du mot paradis), l'infortuné personnage en pierre ne pouvait en manger le plus petit morceau. Cette appellation lui prêtait ainsi un certain animisme.

Folklore et curiosités du vieux Paris
Par Paul-Yves Sébillot

Présentation de l'éditeur

Ce livre rassemble tout le contraire du Paris-vitrines et du Paris trois-étoiles qu'on a l'habitude de trouver dans les livres-cadeaux consacrés à l'une des plus belles villes du monde.
Ici, Paris est dense, grouillant de légendes et d'histoires très anciennes, petites histoires et Grande Histoire, racontées de façon si vivante et si drôle que chaque lecteur aura envie de les redire à son voisin. Savez-vous où se trouvent les menhirs de Paris ? Connaissez-vous le petit homme rouge des Tuileries ?
Tous les rois, toutes les rues et tous les gens sont ici. On les entend parler, on rit ou on a peur avec eux. Un des plus grands plaisirs est de reconnaître brusquement la trace des veux Parisiens dans notre langage quotidien : solide comme le Pont-Neuf, pourquoi ? Et la monnaie de singe, qu'est-ce que c'est ?

Ici se côtoient les présages, les lutins et les astrologues. La religion, la magie et les ruses naïves cohabitent en bonne entente. Mais chaque anecdote est racontée, preuve à l'appui, avec les noms et les dates, sur la belle toile de fond où sont peintes toutes les grandes fêtes parisiennes : la fête des Roses à Belleville, le mai des Gobelins, mais aussi les fêtes uniques dont le souvenir ne s'éteindra jamais, comme le mariage de Louis XIV.

L'abondance réjouissante qui caractérise ce livre le désigne à tous les amoureux de Paris, des plus jeunes aux plus scientifiquement exigeants, comme un ouvrage de référence d'une richesse exceptionnelle et comme un divertissement sans fin.

Quatrième de couverture

Ce très gros livre (plus de 500 pages) contient tout le contraire du Paris-vitrines et du Paris trois-étoiles qu'on a l'habitude de trouver dans les milieux de livres-cadeaux consacrés à l'une des plus belles villes du monde.

Ici, Paris est dense, grouillant de légendes et d'histoires très anciennes, petites histoires et Grande Histoire, racontées de façon si vivante et si drôle que chaque lecteur aura l'envie de les redire à son voisin. Savez-vous où se trouve les menhirs de Paris ? Connaissez-vous le petit homme rouge des Tuileries ?

Tous les rois, toutes les rues et tous les gens sont ici. On les entend parler, on rit ou on a peur avec eux Un des plus grands plaisirs est de reconnaître brusquement la trace des vieux Parisiens dans notre langage quotidien : solide comme le Pont Neuf, pourquoi ? Et la monnaie de singe, qu'est-ce que c'est ?

Ici se côtoient les présages, les lutins et les astrologues. La religion, la magie et les ruses naïves cohabitent en bonne entente. Mais chaque anecdote est racontée, preuve à l'appui avec les noms et les dates, sur la belle toile de fond où sont peintes toutes les grandes fêtes parisiennes : la fête des Roses à Belleville, le mai des Gobelins, mais aussi les fêtes uniques dont le souvenir ne s'éteindra jamais, comme le mariage de Louis XIV.

L'abondance réjouissante qui caractérise ce livre, ce monde le désigne à tous les amoureux de Paris, des plus jeunes aux plus scientifiquement exigeants, comme un ouvrage de référence d'une richesse exceptionnelle et comme un divertissement sans fin.

1 commentaire:

Nilamani Das a dit…

Es un blog muy interesante.