vendredi 20 mars 2009

You Must Believe In Spring





Enregistré en 1977, ce disque poignant, dont la tristesse n'a d'égale que la grandeur, ne fut pas édité du vivant de Bill Evans, mort en 1981. Une séance posthume mais aussi le testament du pianiste qui, en sept courtes plages, plonge dans la douleur et résume les principales tragédies de sa vie. La disparition de Scott LaFaro, son contrebassiste, la mort d'Ellaine, sa première femme, à laquelle il dédie "B Minor Waltz", le suicide, peu de temps auparavant, de son frère aîné qui lui inspire "We Will Meet Again" lui évoquent des musiques douloureuses et de grande beauté. Une souffrance que l'on retrouve dans le choix des standards qu'il reprend, la présence du thème de M.A.S.H., "Suicide Is Painless" ("Le suicide est indolore"), n'étant nullement gratuite. Accompagné par Eddie Gomez à la contrebasse et Eliott Zigmund à la batterie, le pianiste trouve les notes graves et justes qui conviennent en pareille circonstance, l'émotion lui dictant d'admirables musiques. Derrière les larmes existe aussi l'espoir, le retour d'un printemps auquel il nous faut croire.

2 commentaires:

Lyriann a dit…

Aaah mais oui, ça me revient... J'ai ce disque dans ma cdéthèque ! ;-)

Mu a dit…

Bonjour, je découvre ... merci beaucoup !
A bientôt